Cameroun: Si vous étiez candidat(e)puis élu(e),quelles décisions prendriez-vous les 100 premiers jours ?
Elections présidentielles : Si vous étiez candidat(e) puis élu(e), quelles décisions prendriez-vous les 100 premiers jours de votre gouvernement?…Les mois, les semaines, les jours s’égrènent rapidement, sauf changements ou catastrophes majeurs, les Camerounaises et les Camerounais seront appelés à voter probablement en Octobre 2011, pour élire leur prochain Président de la République et ce pour un mandat de 7 ans.
Après une présence sans discontinuer de près de 29 ans au pouvoir, l’actuel locataire du palais d’Etoudi, le Président de la République, Paul Biya, semble vouloir rempiler à son poste, pour, disent ses hagiographes et les thuriféraires de son régime, parachever l’œuvre inachevée qu’il aurait lancée depuis son accession à la magistrature suprême en 1982. Ils citent, entre autre, la démocratie, la stabilité, la paix, etc. …
Face à lui, se bousculent, au portillon du palais d’Etoudi, une multitude de candidat(e)s plus ou moins sérieux (se). Tous ont l’ambition affichée mais pas toujours démontrée, de réaliser ce que le « futur ex-locataire » de ce palais, comme ils l’espèrent, n’a pu, su ou voulu faire pendant les 30 ans de pouvoir.
Les enjeux de cette bataille électorale à venir dépassent le simple cadre des honneurs et les lambris dorés de ce somptueux palais.
En effet, de nombreux citoyens Camerounais sont nés et n’ont connu, jusqu’à présent, que l’ère du renouveau. D’autres, de la génération antérieure, qui espéraient un « changement dans la continuité » semblent aujourd’hui dubitatifs voir déçus par le bilan de ce long règne.
Que vont-ils faire? Se résigner ou aller à l’abordage en indiquant la voie à suivre, en rappelant leurs attentes aux différent(e)s candidat(e)s?
Les différentes crises qui secouent l’Afrique en ce moment: la Tunisie, l’Egypte, la Libye et plus proche de nous la Côte d’Ivoire, ont mis en évidence, un potentiel politique latent et jamais égalé chez nos compatriotes, depuis les années de braise.
Qui l’eut cru, au moment même où ELECAM, les partis politiques, leurs leaders et ceux des organisations de la société civile peinent à les convaincre à s’inscrire sur les listes électorales puis à voter. (1)
Cette « mine d’or » découverte en plein débat sur la crise ivoirienne, permet, de manière non exhaustive, de tirer quelques enseignements pour notre pays, parmi lesquels:
• Le peuple camerounais n’est ni atone ni amorphe. Beaucoup aurait tort de le penser. Celui-ci vient de démontrer, en dépit des déceptions et blessures occasionnées par certains de ces dirigeants et élites, qu’il était plus politisé qu’on pourrait l’imaginer ;
• Le potentiel ou gisement politique ainsi prouvé et dont est crédité notre peuple, faute « d’explorateurs et exploitants » crédibles pour l’instant, attend celle ou celui qui l’empêchera de demeurer au même stade que les ressources minières que recèlent notre sous-sol c’est-à-dire inexploitées.
• Nos compatriotes sont traversés par un sentiment ambivalent lorsqu’il s’agit de changement. Ils semblent être moins jusqu’aux boutistes que certains (une ultra minorité faut-il le dire) dirigeants de l’opposition qui, sans toutefois le crier fort, souhaitent utiliser tous les moyens possibles, pour accéder au pouvoir. Sont-ils plus intelligents, raisonnables et matures que cette ultra minorité? En tout cas, ils souhaitent le changement mais pas à n’importe quel prix. Tout en critiquant le silence sélectif et complice de certains membres de la communauté internationale sur certains évènements, ils répugnent tout autant leur ingérence dans le choix et les processus d’accès au pouvoir chez eux.
L’attitude du gouvernement Camerounais dans la crise ivoirienne témoigne non seulement de ce repli mais aussi de la future ligne de conduite que les autorités afficheront certainement dans les prochains mois.
Elle se résume ainsi: Non ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain. La crise post électorale ivoirienne en était une.
Oui au recours de la communauté internationale lorsqu’elle agit pour résoudre les conflits entre les Etats comme celui de Bakassi. (2)
Afin de donner aux différents candidats à la magistrature suprême, des idées qui pourraient les aider à « exploiter » le gigantesque potentiel politique camerounais ainsi révélé, nous convions chaque compatriote à un exercice certes virtuel mais instructif: celui d’imaginer, l’instant d’une seconde, l’ensemble des mesures qu’il prendrait dans les 100 premiers jours, s’il était lui-même candidat puis élu à la tête de notre Etat. L’autre objectif poursuivi, à travers ce débat participatif et interactif avec les candidats à cette élection, est celui de ne point laisser retomber la flamme allumée par nos compatriotes ces derniers mois.
Les sujets qui préoccupent nos compatriotes sont nombreux et variés. Ils vont de leur pouvoir d’achat à leur sécurité en passant par l’emploi notamment des jeunes, le logement, les institutions, l’énergie, l’accès à l’eau potable, la santé, l’éducation, la justice, la bonne gouvernance et d’autres encore que le débat que nous vous proposons, nourrira nous l’espérons.
Des institutions partiales, peu représentatives de certaines composantes de notre nation.
Le Cameroun à l’instar d’autres pays africains, a modifié sa constitution pour abroger la limitation du mandat présidentiel. Doit-on revenir en arrière?
Il existe par ailleurs une loi limitant le cumul des mandats électifs, un retour à la limitation du mandat présidentiel, ne permettrait-il pas une oxygénation de notre vie politique? Pourquoi ne suivrait-on pas l’exemple Malien?
La plupart des pays en Afrique, plus particulièrement en Afrique de l’Ouest, ont opté pour un scrutin présidentiel à deux tours, est-il normal que notre pays demeure dans le peloton de queue en la matière.
La constitution de 1996 a prévu la mise en place de nombreuses institutions parmi lesquelles le Conseil constitutionnel et le Sénat notamment.
La dernière session extraordinaire de l’Assemblée Nationale vient d’adopter une loi modifiant l’organisation d’ELECAM dont la composition, déjà à l’avantage du RDPC, passerait de 12 à 18 membres puis de confier désormais la proclamation des résultats des élections au Conseil constitutionnel inexistant jusqu’à présent dans les faits. La cour suprême qui agit, depuis lors, en lieu et place de ce Conseil constitutionnel, est régie par la précédente constitution.
Notre pays réussit, par des renvois ou arguties, le « tour de force » juridique, d’appliquer en même temps deux constitutions différentes. Ne dit-on pas souvent que le Cameroun c’est le Cameroun.
Les Camerounais ne se bousculent pas dans les bureaux d’inscription en raison des soupçons avérés ou non de fraude ou d’opacité du système électoral.
L’expérimentation récente d’un système de détection et/ou d’identification du nom et bureau de vote des potentiels électeurs sur la liste électorale, initiative de l’organisation non gouvernementale (ONG) Martin Luther King Jr Memorial Foundation (Lukmef) basée à Limbé, devrait pourtant les inciter non seulement à s’inscrire sur les listes électorales, mais aussi et surtout à protéger leur vote.
Pendant que nos concitoyens du triangle national sont appelés à s’inscrire, ceux de la diaspora, qui ont conservé leur nationalité, en sont exclus alors que nos Ambassades et Consulats à l’étranger demeurent, par la continuité, des territoires camerounais.
Quid aussi pour ceux qui ont opté pour une autre nationalité mais souhaitent, par le biais de la reconnaissance de la double nationalité promis par le Chef de l’Etat, lors de sa visite officielle en France en 2009, participer à la vie politique, économique, sociale et culturelle de leur pays d’origine, sans être obligé d’emprunter des voies peu orthodoxes ni recourir à la démocratie de la « rue ».
De nombreuses sessions parlementaires, ordinaires et extraordinaires, se sont pourtant succédées, depuis cette promesse, sans pour autant que le gouvernement ne mette ce sujet à l’ordre du jour des débats de l’auguste chambre.
Notre pays peut-il continuer à ignorer une partie de ses citoyens tout comme se passer de leur apport alors que le Mali, le Sénégal, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc en profitent largement?
Le Sénat et les chambres consulaires seraient d’ailleurs indiqués pour une telle représentation.
Après la décentralisation amorcée par le gouvernement, ne doit-on pas accélérer le pas en direction d’une régionalisation qui autoriserait l’élection des gouverneurs de région tout en nous permettant de sortir d’un jacobinisme source de nombreux goulots d’étranglement dans la gestion publique de notre Etat?
Elle permettrait également de répondre aux attentes de certains de nos compatriotes de la partie anglophone.
Les querelles auxquelles nous assistons sur un organe électoral neutre et indépendant, véritable anachronisme dans un Etat démocratique, résident dans le peu de confiance qu’inspirent nos institutions, notre administration qui doit cesser d’être partiale, certains hommes et femmes qui servent davantage le parti au pouvoir que la République.
Cet Etat de droit que nous appelons de nos vœux doit principalement trouver sa traduction dans notre justice qui devra, plus que jamais, devenir impartiale, respectueuse des procédures et des droits de la défense, indépendante du pouvoir politique.
Lorsque la politique rentre dans les prétoires, la justice en sort toujours. Elle devra également se rapprocher du citoyen et à cet effet, des efforts financiers devront être consentis dans ce secteur dont le budget en 2011, a drastiquement baissé.
Manque de moyens, lenteur, laxisme, partialité, corruption… Comme ailleurs en Afrique, rares sont ceux qui font totalement confiance à l’institution judiciaire. Montrés du doigt, magistrats et avocats se plaignent également.
Les critiques sont nombreuses notamment de la part de Camerounais démunis et sans carnet d’adresses, qui, pris dans les rouages d’un système privilégiant des instructions à charge, faute sans doute de moyens, vont grossir la population carcérale de notre pays.
Quelques chiffres qui traduisent l’état de notre système judiciaire et qui, malgré le plan de modernisation en cours, devront guider notre réflexion et notre action durant les prochaines années si l’on veut instaurer un véritable Etat de droit, condition indispensable pour attirer les investissements directs étrangers.
On dénombre aujourd’hui près de 25000 détenus pour les 15000 places que comptent nos 72 prisons, la plupart vétustes.
Le pays compte 1500 Avocats payés à 5000 Fcfa par audience lorsqu’ils sont commis d’office. 924 magistrats exercent dans notre pays. Le salaire d’un magistrat en début de carrière (premier grade) est de 236.000 Fcfa. Les conditions de travail (locaux, matériels, personnel) sont difficiles.
Parallèlement la justice populaire fait son lit au grand dam des pouvoirs publics qui tentent malgré tout d’enrayer le phénomène sans s’en donner les moyens.
Viatique trouvé par une population exaspérée par une criminalité qui n’a de cesse de progresser dans les campagnes et surtout dans les grandes villes.
Pour une meilleure sécurité des personnes, des biens et moins d’insécurité routière.
D’exceptionnels, il y a quelques décennies, les actes d’agressions contre les personnes et leurs biens, les institutions (édifices publics, représentants de l’ordre et de l’Etat) se sont multipliés ces dernières années sans que les autorités n’aient trouvé une parade tant les mutations dans la société rendent difficile une réponse efficace sans une réflexion profonde.
La démultiplication de services de lutte contre le banditisme et le terrorisme avec des périmètres de compétences qui s’enchevêtrent, les centres de décisions multiples et étanches, les règles d’engagement obsolètes qui ont paralysé entre autres, leur intervention contre les personnes ayant attaqué récemment l’agence Ecobank à Bonabéri, ne facilitent pas le combat engagé par nos autorités pour diluer le sentiment d’insécurité de nos compatriotes.
L’absence de renseignements fiables et de coordination de ces différents services, minés souvent par des conflits de compétences, les ambitions inavouées de certains qui en ont la charge, n’arrange pas non plus la situation sécuritaire de notre pays.
La création, il y a plus d’un an, du CNS (Conseil National de Sécurité) puis la nomination de son Secrétaire permanent et les récentes ordonnances autorisant le Président de la République à renforcer les moyens des agents de renseignements n’apporteront de résultats tangibles que si les différents services en charge du renseignement eussent été préalablement réorganisés selon nos suggestions (3).
Sur un autre plan, nos compatriotes se sentent en danger permanent quand ils empruntent nos axes routiers notamment les axes lourds devenus lourds en victimes, de véritables cimetières à ciel ouvert.
Des axes dépassés par le trafic, l’incivisme de nos citoyens, la profusion de conducteurs sans permis, la vétusté de notre parc automobile, l’absence de contrôle technique obligatoire expliquent en grande partie cette insécurité routière.
Le ré profilage des axes, lancé par le gouvernement, pour répondre à une situation d’urgence, ne nous dispensera pas d’une réflexion sur la planification de la construction de véritables autoroutes entre nos grandes villes. Une approche par lotissement dans un partenariat public/privé (BOT) semble la meilleure voie à suivre.
Des mesures contre l’importation de véhicules « poubelles » doivent être prises. Nos pays doivent cesser de devenir des « dépotoirs » du monde. (4). Un chantier sur la mise en place d’une véritable sécurité civile doit être lancé.
Toutes ces idées ne sont point novatrices. Elles ont certainement été évoquées ici et là mais n’ont jamais été mises en œuvre. Pourquoi?
Vers une gouvernance au service de la Nation, incarnée par des serviteurs dévoués de l’Etat.
S’il y a bien une lourde tâche qui attend le prochain Président et qui conditionne la réalisation de tous les projets économiques et sociaux entre autres, c’est bien celui de la bonne gouvernance.
Entre la volonté politique affichée et proclamée de lutter contre la corruption et la perception des camerounais et des étrangers, il existe pourtant un large fossé.
Notre pays ne cesse de stagner dans les profondeurs du classement des pays les plus corrompus malgré la création de multiples organismes ou institutions de lutte contre ce fléau, CONAC, ANIF, la chambre des comptes pour ne citer que celles-là puis les modifications dans les textes organisant le fonctionnement et l’action de l’ARMP (Agence de régulation des marchés publics).
Faut-il attendre encore longtemps pour se rendre compte qu’elles sont inefficaces tout au moins que leurs résultats ne sont pas à la hauteur des attentes du pays?
A l’instar des multiples services de renseignement, la démultiplication en matière de lutte contre la corruption aussi bien en terme de services mais aussi au niveau du nombre d’intervenants dans la chaîne de passation des marchés publics, ne constitue-t-elle pas un frein à cette lutte? (5)
Pourtant des mesures simples telles que l’application de l’article 66 de notre constitution relatif à la déclaration du patrimoine des gestionnaires de la fortune publique tout comme l’obligation faite à l’ensemble des citoyens (selon une réforme fiscale à étudier) de déclarer chaque année leurs revenus, suffiraient à réduire le phénomène.
Un contrôle fiscal sur l’inadéquation entre les revenus déclarés et le train de vie d’un individu ne serait-il pas une arme de dissuasion « massive » contre la corruption, les détournements de la fortune publique?
Par ailleurs notre administration doit continuer sa mue en se modernisant, en s’adaptant au monde, par les méthodes de travail, les procédures mais surtout par les valeurs patriotiques que doivent désormais incarner son personnel dès leur formation au sein de l’ENAM.
Cette administration doit également cesser, en dépit des rappels à l’ordre du Président de la République et du Premier Ministre, de donner l’image « d’une brasseuse de vents » à travers ces multiples séminaires, ateliers de travail budgétivores mais sans résultats probants.
De nombreux projets inscrits dans le cadre du B.I.P (Budget d’investissement public) ne sont point réalisés et quand ils le sont, les cahiers de charges ne sont pas respectés. Environ 180 Mds de Fcfa du premier C2D, sont toujours dans un compte de la BEAC, en attente de projets.
Le pays et surtout sa jeunesse attend beaucoup de cette bonne gouvernance pour sortir de la pauvreté et du chômage endémique qui les frappent.
L’emploi des jeunes, enjeu majeur de la prochaine consultation électorale (6).
Tout le monde s’accorde aujourd’hui sur le fait que l’emploi notamment des jeunes constitue un défi majeur pour notre société. Si nous ne trouvons pas de solutions, nous courons dans les années futures à de nombreux désagréments.
Le récent lancement du recrutement de 25000 personnes dans la fonction publique est une réponse palliative voire sociale au problème des demandeurs d’emploi dans notre pays. Au-delà de la question de son financement, cette décision n’ayant pas été prévue dans le budget en 2011, lequel connaît déjà des tensions liées à la masse salariale des fonctionnaires, se profile une autre question à laquelle nous devons apporter rapidement une réponse.
Que ferions-nous des jeunes qui n’auront pas été sélectionnés?
Sur les 305000 candidats, nombreux sont ceux qui seront déçus.
La réponse ne peut qu’être globale à travers une croissance économique et une adéquation de la formation aux besoins de notre économie. Les perspectives de croissance dans la zone sont bonnes. 5,1 % contre 3,7 % pour notre pays.
Quand on sait que seule une croissance à deux chiffres peut résoudre le problème de l’emploi et réduire la pauvreté, on imagine le chemin qui nous reste à parcourir pour y arriver et surtout atteindre les objectifs du millénaire d’une part et le cap de pays émergent à l’horizon 2035 prévu dans le DSCE par les autorités actuelles d’autre part.
Les projets structurants de la politique des « Grandes ambitions » sur lesquels le gouvernement compte pour booster la croissance accusent des retards incompréhensibles. La construction du port en eau profonde de Kribi connaît un arrêt en raison de problèmes fonciers et d’indemnisations. L’édification, toujours à Kribi, de la centrale à gaz est renvoyée à une date indéterminée. La SNH reprochant à la KPDC, son absence d’expertise dans la conduite d’un tel projet.
Le chronogramme de la construction du barrage de Lom Pangar a été plusieurs fois modifié. Le déficit énergétique que connaît le pays risque de se prolonger et ralentir les perspectives d’extension des usines d’Alucam et son projet d’aluminerie à Kribi, voir renchérir leur coût sinon les hypothéquer tout simplement.
Il en est de même des projets miniers. Ce n’est que 8 ans après la délivrance du permis d’exploitation que débuteront les travaux d’exploitation de la mine de cobalt. On peut craindre que les Coréens prennent également du temps pour exploiter la plus grande mine de diamant du monde, située à Moabilong. Pendant ce temps, la valorisation boursière de ces sociétés, basée sur les mines dont elles détiennent des permis d’exploitation, ne cesse de grimper sans retombées financières pour nos finances publiques. La société Boolewen attend toujours son permis d’exploitation, pour distribuer le gaz de Logbaba, aux entreprises industrielles de la zone de Douala. Quid de la bauxite de Ngaoundal, malgré le ballet incessant de sociétés américaines et de Dubaï.
Le projet d’exploitation du fer de Mbalam a quant à lui connu de nombreux problèmes.
La politique d’auto emploi du gouvernement serait davantage efficace s’il y avait un accompagnement et une aide au financement des jeunes entrepreneurs. La création de pépinières d’entreprises où les jeunes entrepreneurs trouveraient des conseils dans le montage de dossiers de crédit, mutualiseraient leurs besoins juridiques, comptables etc. serait la bienvenue.
Tout comme la création de zones franches autour de nos aéroports internationaux à l’instar de Casablanca offshore où des entreprises camerounaises ou les filiales de grands groupes étrangers feraient de l’outsourcing. L’absence de la fibre optique constituait jusqu’à présent un frein au développement de ce type d’activité chez nous mais avec le projet blackbone, cette hypothèque serait levée.
Dans le cadre de la relance agricole, la création d’une mission d’aménagement de zones agricoles (MAGZA), puis l’octroi de prêts bonifiés et garantis par l’Etat aux agriculteurs ou jeunes entrepreneurs, en lieu et place d’une banque agricole dont les ancêtres n’ont pas donné de résultats escomptés, contribuerait à relancer la production agricole et par ricochet réduire le déficit alimentaire, les importations onéreuses, le coût et le prix des denrées de première nécessité.
Améliorer les conditions de vie de nos compatriotes
L’accès au logement demeure un souci important pour les Camerounais. L’offre est très faible par rapport à la demande. Des projets en cours ne combleront pas le gap en raison de la démographie galopante et de l’exode rural.
La cession récente de la filiale camerounaise du Crédit Agricole à la banque Marocaine Attijariwafa, qui dispose déjà d’agences dans les zones d’émigration, pourrait ouvrir des perspectives d’acquisition de logements pour la diaspora camerounaise.
65% de la population n’a pas accès à l’eau courante au Cameroun. Le vaste programme en cours d’un coût de 400 Mds de Fcfa réduira certes le déficit mais demeurera insuffisant en raison de la croissance démographique.
Ces difficultés entrainent déjà d’autres notamment sur le plan de la santé, avec la résurgence du choléra que le gouvernement peine à éradiquer.
Le deuxième maire adjoint RDPC de Ngog-Mapubi, au lendemain d’une réunion préparatoire pour la célébration du 26ème anniversaire de son parti, vient d’en être victime.
Le projet de sécurité sociale pour tous demeure toujours dans les cartons. L’exemple Rwandais dans le domaine pourrait nous inspirer. En obligeant, par la loi, tous les Camerounais, à adhérer à une mutuelle de santé, pour les prestations minimales, nous avancerions dans nos objectifs de santé. Le recours aux établissements de microcrédits et aux ONG permettrait d’aider les plus démunis à adhérer à ces mutuelles. Il s’agit de définir ces prestations minimales au même titre que le paquet minimum scolaire.
Les sujets de préoccupation ne manquent pas chers compatriotes. Vous êtes habiles dans l’art de vous transformer en entraîneur sélectionneur de votre équipe nationale de football. Cet exercice auquel nous vous convions n’est pas hors de porté. Alors devenez, l’instant d’une seconde, le futur Président de la République du Cameroun et faites nous part de vos premières décisions. Vive le débat constructif (9).
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