“It follows that the successful catch-up development of China, if it continues, would become a turning point for the world economy not only due to the size of the country, but also because for the first time in history, successful economic development on a major scale is based on an indigenous, not a Western-type, economic model,” said Dr. VladimirPopov at a UN DESA event yesterday.
The Development Policy Seminar “Why the West Became Rich before China and Why China Has Been Catching Up with the West since 1949”, was organized by the Development Policy and Analysis Division and chaired by its Director Rob Vos. It offered a non-technical interpretation of the “Great Divergence” and “Great Convergence” stories.
After reviewing existing explanations in the literature, Dr. Popov offered different interpretations. Western countries exited the Malthusian trap by destroying traditional institutions, which was associated with an increase in income inequality and even a decrease in life expectancy, but allowed the redistribution of income in favor of savings and investment at the expense of consumption, which speeded up economic growth.
When the same pattern was imposed on some developing countries such as Sub-Saharan Africa, Latin America, and the Former Soviet Union, it resulted in the destruction of traditional institutions, increase in income inequality, and worsening of starting positions for catch-up development due to weakening of capacity of state institutions.
Other developing countries (East Asia, South Asia, and the Middle East and North Africa) that were less affected by colonialism and managed to retain traditional institutions by the end of the twentieth century found themselves in a better starting position for modern economic growth. The slow-going technical progress finally allowed them to find another exit from the Malthusian trap—increased income that permitted the share of investment in GDP to rise without a major increase in income inequality or decrease in life expectancy and without deterioration of the quality of the state institutions.
Why did economic liberalization work in Central Europe (since the late 1980s) but fail in other regions, such as Sub- Saharan Africa (SSA), Latin America (LA), and the Former Soviet Union (FSU)? The answer, according to the interpretation presented, would be that in Central Europe, the missing ingredient was economic liberalization, whereas in SSA and LA, there was a lack of state capacity, not a lack of market liberalization. Why did liberalization work in China (1979 onwards) and Central Europe but not work in the FSU? It is because in the FSU, it was carried out in such a way as to undermine state capacity—the precious heritage of the socialist past ― whereas in Central Europe and even more so in China, state capacity did not decline substantially during transition.
China has never really departed from the collectivist institutions that allowed low income and wealth inequality to be maintained; the short-lived Westernization attempt (1840s-1949) was aborted. On the other hand, countries that willingly and unwillingly (colonialism) transplanted Western institutions and replicated the Western exit from the Malthusian trap, ended up with high income inequality and an apparent lack of institutional capacity.
“If this interpretation is correct, the next large regions of successful catch-up development would be MENA Islamic countries (Turkey, Iran, Egypt, etc.) and South Asia (India), whereas Latin America, Sub-Saharan Africa, and Russia would fall behind,” concluded Dr. Popov.
C’est par une lettre publique à Paul Biya - chose dont il est coutumier - que Célestin Bedzigui a pris fait et cause contre le nouveau tribunal d’exception qui verra jour sous peu au Cameroun. Pour cet homme politique, par cet acte, le Cameroun opte pour la voie qui la mettra au ban des nations, car cette loi qui porte création du Tribunal Criminel Spécial est tout simplement une “Violation du Pacte relatif aux Droits Civils et Politiques de l’ONU”. Voici l’intégralité de la lettre de Celestin Bedzigui : Monsieur le Président de la République, Nous venons par la présente vous saisir de l’urgente nécessité de suspendre la promulgation de la Loi votée par l’ Assemblée Nationale le 6 Décembre 2011 et portant institution d’un Tribunal Criminel Spécial chargé de lutter contre les crimes économiques, motif pris de ce que ladite loi comporte des dispositions qui violent des Accords et Traités Internationaux ratifiés par le Cameroun, en application du principe général de Droit qui confère aux Traités et Conventions Internationales une portée supérieure aux lois domestiques. Premièrement, l’article 4 de cette loi ne dispose que le Tribunal Criminel Spécial «statue en premier et dernier ressort», supprimant le «double degré de juridiction» matérialisé par le jugement d’instance et le jugement d’appel, mécanisme qui est l’une des marques essentielles d’une Justice moderne dont la saine administration et la manifestation de la Vérité sont la préoccupation essentielle voire exclusive. Cette suppression du “double degré de juridiction” viole le Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques qui a été adopté et ouvert à la signature, à la ratification et à l’adhésion par l’Assemblée Générale de l’ONU dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966, est entré en vigueur le 23 mars 1976, conformément aux dispositions de son article 49, le Cameroun y ayant formellement adhéré le 27 Juin 1984, sous votre présidence. Nous en attachons une copie à la présente. L’article 14-5 de ce “Pacte” stipule en effet que : “Toute personne déclarée coupable d’une infraction a le droit de faire examiner par une juridiction supérieure la déclaration de culpabilité et la condamnation…” Deuxièmement, en son article 18, cette loi instaure une “Justice duale” en créant une catégorie de citoyens soumis a une “justice d’ exception” à qui semble s’ appliquer une “présomption de culpabilité”, au contraire des citoyens ordinaires qui bénéficie a la fois de la “présomption d’ innocence” et du double degré de juridiction. Dans cette nouvelle catégorie, au prétexte du remboursement de ce qu’ils auraient volé, certains seront livrés au seul jugement du Ministre de la Justice, lequel pourrait ordonner un ‘”abandon de poursuites” au terme d’une “médiation judiciaire” dont il sera le seul à maitriser les contours, ouvrant ainsi la porte aux marchandages les plus sordides. Ce sera en fait la consécration de l’arbitraire, l’avènement d’une justice hors de la Justice, où le Pouvoir Exécutif empiète sur un domaine constitutionnellement réservé au Pouvoir Judiciaire, où la sanction pénale n’est plus attachée au corps d’un crime, mais est dissoute dans un procédé assimilable au “paiement d’une rançon”, et qui révèle une dimension plus accablante encore de la régression de la pratique judiciaire que cette loi induit. Même si cette pratique semble avoir les faveurs de la “rue”, le traitement différencié des citoyens devant la Justice constitue une violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée en par l’Assemblée Générale de l’ONU à la Charte de laquelle le Cameroun a adhéré. L’Article 7 de cette Déclaration dispose en effet: “Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi.”. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est érigée en norme juridique supérieure à laquelle se soumettent les pays membres de l’ONU, engagement confirmé à la Conférence Internationale des Droits de l’Homme tenue a Téhéran et dont la Déclaration Finale paraphée par le Cameroun le 13 Mai 1968 proclame que “Le respect de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme constitue une obligation pour tous les membres de la communauté internationale.” Appliquer une justice à deux vitesses comme l’envisage cette nouvelle loi constitue donc une violation irréfutable de cette obligation internationale et de portée universelle. Qu’il soit clairement dit et compris que notre démarche ici ne vise pas à permettre que ceux qui ont abusé de la fortune publique échappent aux rigueurs de la Loi, bien au contraire, dirons-nous. Nous sommes plutôt guidés par une exigence du respect des valeurs de la République, elles qui, obligent à une vigilance sans concession sur la préservation des fondements et les acquis d’un Etat moderne au Cameroun, et justifient notre inquiétude de ce qu’une vision de la Justice par certains esprits frustres ne se traduise en un recul durable de ce pilier de la République, avec un retour insidieux vers un Etat sauvage par des Lois d’exception dont par le passé notre pays a tant souffert. Par ailleurs et cela n’ étant pas une considération de moindre portée, tout patriote avisé aurait des appréhensions sur les retombées économiques négatives qu’aurait le fait que le Cameroun soit perçu comme un pays dont les Lois et Règlements violent les Traités, Conventions, et Normes et Pratiques juridiques internationalement établies. Je suis professionnellement impliqué à Wall Street, New York, dans l’industrie du “Rating” (1) où s’attribuent les notations de risque-pays. Un des facteurs critiques qui déterminent la note synthétique attribuée à un pays est son respect des normes juridiques et des pratiques judiciaires internationales. La mise en place d’une législation incluant des dispositions qui en font une Loi d’exception aura un impact inévitable sur la note du Cameroun, ce qui mécaniquement contribuerait à dissuader les investisseurs à venir dans notre pays et y créer l’activité et les emplois dont nous avons tant besoin. Les vrais problèmes de la Justice au Cameroun sont connus de tous. Le plus manifeste est la lenteur des procédures judiciaires, la cause première de celle-ci étant l’insuffisance des effectifs et des moyens techniques et logistiques mis à la disposition de la Justice. S’y ajoutent entre autre une tendance à la marchandisation des décisions par certains juges, la servilité à la tutelle observée chez certains autres. On pourrait également prendre en compte une expertise insuffisante des domaines et pratiques de la gestion financière sur lesquels les juges doivent statuer, ce qui est à la source des confusions grossières relevées dans la qualification et l’évaluation des préjudices annoncés. Les dysfonctionnements qui en découlent appellent à une solution de gestion qui requiert des responsables plus compétents. Certains de ces dysfonctionnements tels que l’encadrement de la durée des procédures sont pris en charge par des dispositions de la loi évoquée. Tout un chacun s’en féliciterait ; qu’elles soient maintenues. En revanche et de manière absolue, la solution à ce qui n’est qu’un problème de management ne saurait être le prétexte d‘insérer dans cette loi des dispositions qui en font une loi d’exception par laquelle le Pouvoir politique utilise l’ Exécutif pour prendre en otage la Justice, instaurant l’ère d’une justice expéditive que certains diraient être au service des desseins inavoués. (…) Nous déplorons que ceux qui à vos cotés ont la charge de s’assurer que les Lois et Règlements de la République sont respectueux des normes et des engagements internationaux du Cameroon aient failli à leur tache. Pour le pallier, nous recommandons fortement que ce texte soit renvoyé en seconde lecture devant les députés aux fins d’un toilettage car, lorsqu’ il est averti, le Président de la République du Cameroun ne saurait endosser délibérément une forfaiture exposant notre pays à être mis au ban des Nations pour non-respect de ses engagements internationaux et des normes et pratiques juridiques internationalement établies.
Nous vivons aujourd’hui dans un monde globalisé. Aucun pays ne peut plus réellement fonctionner sans tenir compte des exigences de ce monde : exigences économiques, politiques, financières et culturelles. C’est une guerre sans merci pour la survie dans laquelle chaque dirigeant et son équipe doivent faire constamment preuve de beaucoup d’imagination, de création, de courage et d’abnégation, d’ouverture d’esprit pour apporter ou maintenir souveraineté, prospérité, richesse et bonheur dans le pays dont il a la charge afin que ce pays soit placé parmi ceux qui comptent et beaucoup plus respecté dans le concert des nations. Afin d’obtenir ces résultats, les dirigeants camerounais, le chef de l’Etat en premier ont décidé d’engager le pays sur la route de l’”émergence”, et pensent y parvenir à travers les “Grandes Réalisations” en situant et promettant à la population l’échéance de cette “émergence” à l’horizon 2035. Les “Grandes Réalisations” telles que présentées à la population et à travers ce que l’on en sait aujourd’hui continueront définitivement d’enfermer la population camerounaise dans la situation de consommateurs qui ne leur apportera jamais le développement et qui ne propulsera certainement pas le pays dans l’émergence à l’horizon 2035. Les “Grandes Réalisations” renforceront au contraire et encore pour longtemps la dépendance économique, et donc politique dans laquelle le pays se trouve vis-à-vis des plus grandes puissances. Pourquoi? Eh bien plusieurs remarques :
(se procurer le contenu des grandes réalisations).
1ère remarque :
“Grandes Réalisations” et moteur de développement :C’est une théorie contraire au processus normal de développement. Le processus normal d’un développement sûr et certain est d’une part la mise en place d’un tissu industriel national de base fabriquant tous les produits (ou au moins la plupart) nécessaires à ce développement : métallurgie, industries de transformation, industries de fabrication. C’est l’existence, la maîtrise et le développement de ces industries qui favorisent et facilitent l’accès aux différentes technologies qui manquent cruellement d’une manière générale aux pays sous développés. Prenons l’exemple du minerai de fer que le Cameroun possède. Après extraction, la transformation en acier devra se faire également sur place, et enfin toutes sortes de produits en acier.
D’autre part, les dirigeants du pays devront impulser, promouvoir, et cela est très important, l’émergence et la naissance d’une classe nouvelle de Camerounais : la classe des capitaines d’industries nationaux. Ces femmes et ces hommes sont issus de la société civile, solides hommes ou femmes d’affaires sans états d’âme, cherchant cependant à faire avancer le pays à travers un partenariat gagnant-gagnant avec l’état. En pourcentage, le désengagement de l’état se fera progressivement, jusqu’à un minimum. Par ailleurs, il faut observer le chemin parcouru par tous les pays aujourd’hui fortement industrialisés. Près de nous, il y a la l’ex URSS, la Chine, et plus près encore, déjà classés émergents il y a le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde. Le Cameroun ne possède pas aujourd’hui de base industrielle solide. C’est peut-être par cela que le Chef de l’état devrait commencer. C’est donc une contradiction. Exemple : le chef de l’état ne pourra engager à moindre coût le développement et l’entretien de l’infrastructure routière du pays alors que la plupart des ingrédients nécessaires à cet effet ne sont pas produits sur place. La facture en sera forcément beaucoup plus élevée. Et le pays continuera à acheter ces ingrédients au prix fort à chaque fois qu’il voudra procéder au développement ou à l’amélioration de ses infrastructures. Ce qui ralentira son développement.
2ème remarque :
Cameroun, pays consommateur, pas producteur :Et concernant les “Grandes Réalisations”, seul le chef de l’Etat en connaît exactement le contenu et la définition. Par contre, tout le monde sait (et certainement le président BIYA lui-même) que l’émergence est basée pour une large part sur la production du pays en général, la production industrielle nationale en particulier à très bas coûts. Et le pays n’est toujours pas un pays producteur, industriellement parlant. En revanche, le Cameroun est et reste un pays consommateur, d’où son sous développement. Or, au-delà des “Grandes Réalisations”, il n’y a pas à ce jour - on peut se tromper - de projet (s) de production industrielle, d’industrialisation ou d’aide à l’industrialisation du pays, c’est-à-dire d’encouragement à l’implantation massive de Petites et Moyennes Entreprises et d’usines de fabrication des produits finis dont la population et l’économie ont besoin.
3ème remarque :
“Grandes Réalisations”, très fort endettement et très peu d’emplois durables.Certes, les “Grandes Réalisations” amélioreront très sensiblement l’état des infrastructures du pays, mais elles vont coûter au pays comme on dit “des milliards et des milliards”. De ce point de vue, la lutte anti corruption est compréhensible. Le pays a beaucoup besoin d’argent et également besoin de beaucoup d’argent. Mais avec la conjoncture difficile actuelle dans le milieux financiers des bailleurs de fonds il ne sera pas facile de disposer de tout cet argent. A moins que les dirigeants aient été prévoyants, disposant de cet argent ou de ces crédits bien avant le début de la réalisation des projets pour lesquels ils ont été contractés.Une question se pose : Qui va payer ? Et pour combien de temps?Par contre le processus d’industrialisation du pays coûte certainement beaucoup moins cher que les “Grandes Réalisations” et ne plonge pas le pays dans une situation de fort endettement pour longtemps!Voici un mauvais exemple, celui de la Côte d’Ivoire du président Houphouet qui a d’ailleurs avoué son erreur avant de quitter ce monde, dont on disait il a plus de 30 ans qu’elle décollait. Le décollage n’a jamais eu lieu. Ce n’était qu’un mirage. Car sans une industrialisation de base solide qui supporte la plupart des besoins en produits dont l’économie a besoin, force est de constater qu’il n’y a pas de développement, donc, pas d’”émergence”. Le Cameroun est en train de prendre le même chemin. Seulement, on s’en apercevra dans 15 ou 20 ans, que l’”émergence” n’est pas au rendez vous.
En conclusion, si les dirigeants, et le chef de l’Etat en premier veulent réellement placer le pays parmi les “émergents” à l’horizon 2035, le Cameroun a certainement une carte à jouer. Mais cette carte, ce n’est donc certainement pas “les Grandes Réalisations” que le président BIYA a promis à ses compatriotes.
D’abord, elles n’apporteront que très peu d’emplois durables pour la population. Or si on regarde la situation dans les pays développés, c’est l’emploi du plus grand nombre dans la population active qui a apporté le développement, et non les infrastructures. Et l’emploi durable est créée d’abord par l’existence d’un tissu industriel national de base, puis par des milliers de Petites et Moyennes Entreprises que comptent ces pays, et non par les quelques multinationales ou grosses sociétés qui y sont implantés. Par ailleurs, l’emploi industriel compte beaucoup plus que les autres emplois, car c’est celui qui créée et fabrique les produits dont le pays a besoin, et qu’il exporte vers les pays voisins.Rappel : Il y a un peu plus de 30 ans tout le monde, l’Europe et les Etats-Unis en particulier, se moquaient des voitures japonaises chinoises, coréennes, bref, asiatiques. Aujourd’hui, l’automobile asiatique inonde les marchés européens, américains et africains, en particulier camerounais. © Correspondance de : Etingué-Doualla Martin
La crise économique qui a mis l’Europe dans la tourmente ne semble apparemment pas inquiéter outre mesure les dirigeants d’Afrique et les citoyens africains. Comme le dernier wagon d’une locomotive en cours de déraillement, ils attendent de façon stoïque et résignée les répercussions inévitables du choc de l’accident. Cependant, ils gardent l’espoir que les conducteurs la maîtriseront avant. Rien ne dépend donc d’eux. C’est l’indépendance et vive l’indépendance!
L’Afrique, à dix mille lieux de la crise
Pour les Africains qui sont éternellement en crise, «cabri mort n’a pas peur de couteau» pour reprendre un adage ivoirien. Ce n’est point une crise de plus qui changera grand-chose à la situation des Africains déjà largement précaire dans l’ensemble. Pour eux, le pire n’est pas à venir. Le cri du désespoir est sorti depuis fort longtemps: «s’en fout la mort», comme on dit ici sous nos cieux. Si les Africains observent avec une impuissance certaine les tribulations de la monnaie européenne et les conséquences de la crise, leurs dirigeants le sont beaucoup moins. Car ils sont plus préoccupés non pas par les conditions de vie à venir de leurs concitoyens mais par la survie de leur régime face à cette perspective. Sait-on jamais? Après les révolutions arabes, il ne faut jamais dire jamais.
Les Européens, avec la France et l’Allemagne dans le wagon de tête, en bons conducteurs, se démènent comme de beaux diables pour maîtriser la locomotive en furie. Avec maintes concertations, des budgets maniés et remaniés, des sacrifices chaque jour imposés aux citoyens européens, l’Union européenne tente vaille que vaille de freiner la locomotive dans sa folle course vers l’abîme.
Au lieu de se résigner et de prier Dieu pour que le malheur n’arrive point, les Africains pourraient bien aussi prendre des initiatives afin d’éviter le pire, voire d’en tirer des leçons avantageuses pour l’après-crise. Tant qu’à amortir le choc, il faut déjà s’y préparer. Ce n’est pas les domaines dans lesquelles il est possible d’engager des actions qui manquent.
Réduire le train de vie de l’Etat
Le président béninois, Boni Yayi, qui voulait supprimer depuis quelque temps les primes et autres avantages aux fonctionnaires de l’Etat n’a pas eu meilleure occasion. Il a suffi d’un communiqué laconique:
«Sur instructions du président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, il vous est demandé de faire procéder, dès à présent, à la suspension du paiement des accessoires de salaire (primes et indemnités) dans les sociétés et offices d’Etat sous votre tutelle en attendant de nouvelles mesures à prendre par le gouvernement. En conséquence, seuls les salaires seront payés aux employés et agents relevant de ces structures. Des contrôles seront effectués par les organes compétents pour vérifier la mise en œuvre effective des présentes prescriptions».
Cette mesure ne réjouit évidemment pas les fonctionnaires béninois, loin s’en faut. Mais elle réduit tout de même les dépenses de l’Etat. Seulement voilà: là où le bât blesse, c’est que le gouvernement Boni Yayi ne dit pas ce qu’il fait pour réduire le train de vie de l’Etat et des personnalités politiques dont on sait que leurs salaires contrastent avec le niveau de vie général. Ce qui risque fort de donner raison aux syndicalistes avec lesquels il avait déjà maille à partir. Car les mesures d’austérité ne sauraient concerner seulement que les fonctionnaires.C’est un secret de polichinelle que les personnalités politiques sont généralement les mieux lotis en Afrique. La politique est ainsi le plus grand et le plus généreux employeur des sociétés africaines. Tant et si bien que ceux qui ont bien compris l’avantage à en tirer n’hésitent pas à abandonner leurs professions pour faire carrière en politique.
«Pour vivre mieux, il faut faire la politique, sinon c’est elle qui va vous faire», argue-t-on souvent en Afrique.
Pour faire des économies budgétaires, les citoyens africains ne demandent pas forcément à leurs chefs d’Etat d’avoir l’ingéniosité ou le courage politique de l’ancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara. Lequel, en son temps, avait notamment fait remplacer les Mercedes par des Renault 4 en guise de voitures de fonction, contraint les dirigeants à voyager en classe économique et réduit de façon drastique les dépenses de l’Etat. Mais en se voulant modeste, à la hauteur de leurs moyens, il est tout aussi possible de faire des économies en choisissant des voitures moins coûteuses et difficiles à entretenir, en évitant des dépenses somptuaires ou de vivre au-dessus de ses moyens…
Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour des pays qui se disent pauvres ou en développement, ils ont cette propension à distribuer aux directeurs et autres chefs de services des véhicules qu’ils utilisent à longueur de journée en dehors même des missions officielles et de l’exercice de leurs fonctions. Au lieu de cela, il serait tout aussi plus judicieux de leur faire acheter leurs véhicules de service. Ce qui indéniablement les obligerait à mieux les utiliser et les entretenir. Avec une panoplie de mesures de ce genre, les Etats africains pourraient certainement faire de grandes économies afin de compenser leurs énormes déficits budgétaires.
Vers une économie formelle?
Si les Africains veulent réellement sortir de leur sous-développement, la crise économique actuelle est certainement une occasion d’en poser les jalons. L’Afrique ne saurait en effet continuer indéfiniment sa fuite en avant par rapport aux grandes questions sociétales qui se posent désormais à elle. Entre une société traditionnelle de l’économie informelle et une société moderne de l’économie formelle, il n’y a plus de place à l’hésitation dans le contexte mondial actuel. Un choix doit être fait quant à l’avenir. Quel qu’il en soit, il ne règlera certes pas tous les problèmes économiques, tant qu’ils ne privilégieront pas la production des biens à celle de l’offre des services et à l’exploitation des ressources naturelles qui sont épuisables.
Dans la plupart des pays du continent, beaucoup de secteurs économiques souffrent d’une absence cruelle de législation et d’organisation qui entraînent des manques à gagner considérables pour les Etats. Ce n’est un secret pour personne: les opérateurs économiques qui s’évertuent à être en règle sont malheureusement trop souvent ceux qui sont les plus pénalisés. Ce qui encourage l’informel et plombe la fiscalité. Sans compter que parfois, c’est la fiscalité même qui plombe l’entreprise privée et prive l’Etat de recettes. Beaucoup de textes et lois se révèlent être alors des ornements juridiques plutôt que des arsenaux juridiques. Dans ce registre, on peut citer la loi sur la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao). Adoptée depuis plusieurs décennies, c’est curieusement quand les citoyens de la Cédéao ont leur titre de voyage en règle qu’ils sont malmenés aux frontières terrestres des pays membres, contrairement à ceux qui voyagent sans document et qui payent leur passage. Le Nigeria est champion en cela. Si bien qu’on dit souvent qu’il vaut mieux ne pas présenter de titre de voyage quand on passe sa frontière.Un impôt sur les revenus
Dans plusieurs secteurs comme le foncier, l’immobilier, les transports, le tourisme, l’agriculture et autres services, des réformes structurelles bien pensées sont susceptibles d’apporter une certaine embellie aux économies nationales. Pourvu que les législateurs n’adoptent pas des lois pour la forme, tout juste bonnes pour les tiroirs des administrations et que les économies continuent à fonctionner de manière plus ou moins souterraine. Là où les pays africains pourraient aussi agir pour non seulement renflouer les caisses de leurs Etats, mais également lutter contre la corruption, c’est avec un impôt sur les revenus de leurs concitoyens. L’Afrique est certes pauvre, mais il y a une minorité de gens qui sont riches, parfois même plus riches que leurs Etats, sans que les activités qu’ils mènent ne justifient cependant leur fortune, pour la plupart. Ce serait déjà une source de recettes pour les Etats si on commençait déjà par leur faire payer un impôt. En y ajoutant la classe moyenne de plus en plus importante, il y a bel et bien de quoi boucher des trous dans des budgets.Comme on peut s’en rendre compte, nombre de pays africains économiquement malades peuvent bien encore procéder à leur automédication. Avec un peu de rigueur et de discipline, ils pourraient ainsi régler un grand nombre de leurs problèmes économiques. Malheureusement, ils ne connaissent pas la maxime qui dit: «mieux vaut prévenir que guérir». Ils attendent toujours d’être exsangues pour que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international viennent à leur chevet avec ses potions magiques. Sans se soucier du fait que les effets indésirables des médicaments des institutions de Bretton Woods seront incalculables pour les générations futures.
Marcus Boni Teiga
La crise financière actuelle n`est pas une nouveauté. En1929, 1980, 1997 et 2001 des crises financières similaires ont eu lieu aux Etats-Unis avec la même conséquence: appauvrissement et endettement massif des populations. Curieusement, elles obéissent au même mécanisme.
Les banques commencent par faciliter l`accès à l`emprunt alors que la valeur boursière des commodités et de l`immobilier augmentent. L`accès a l`emprunt était tellement facilite quelques années avant la dernière crise financière qu`il y avait des individus qui obtenaient des crédits d`achat de maison sur la base d`une simple déclaration de revenue sans vérification. L`accès facile au crédit et l`augmentation des valeurs immobilières et foncières poussent les gens à acheter dans l`espoir de gagner de l`argent plus tard. Puis subitement tout s`écroule dans ce qu`on appelle le crash de la bourse. Les commodités commencent à perdre leurs valeurs à la bourse. Le crash de la bourse entraîne la chute d`entreprises qui commencent à licencier. Les propriétaires de maisons se retrouvent tout de suite incapables de tenir leurs engagements et se trouvent donc contraints de vendre ou de perdre leurs biens à vils prix aux banques qui les reprennent.
Comment expliquer que des nations aussi avancées, nations capables de fabriquer des avions, construire des gratte-ciels et d`envoyer des êtres vivants sur la lune fasse de façon répétitive le même genre d`erreurs ? La simple réponse en est que ces crises sont sciemment provoquées par des individus qui contrôlent le système financier ayant des objectifs sinistres. Incroyable? Pour comprendre ce qui s`est passe, il faut revenir aux origines, à la façon dont le système financier moderne a été conçu.
LES MAITRES DU MONDE
Le système financier mondial a toujours été contrôle depuis longtemps a travers les banques centrales par des individus qu`on appelle les banquiers internationaux et non par les états et gouvernements comme on pourrait le croire. Ces individus sont un ensemble de familles extrêmement riches et puissantes aux noms aussi peu connus que :
- JP Morgan (JP Morgan Chase Co, la pièce maîtresse de la famille Morgan a près de 1200 milliards de dollars de fortune ; en comparaison le budget des Etats-Unis est un peu plus de 3000 milliards c`est à dire que cette famille a pratiquement le tiers du budget fédéral comme fortune).
- Rockefeller (dont Citigroup, le cœur de l`empire financier a une richesse estimée a 1100 milliards de dollars
- La famille Lehmann de la banque Lehmann`s Brother
- Bank of America
- Goldman Sachs de New York, la banque a l`origine de la crise financière actuelle.
- La famille Rothschild de Londres et Berlin (actionnaire des banques centrales des pays européens). On pense même que ce serait les Rothschilds qui auraient finance la famille Rockefeller dans le business.
- Les frères Lazard de Paris
- Israel Moses Seaf en Italie
- Kuhn, Loeb & Co. en Allemagne et New York
- Warburg & Company of Hamburg, en Allemagne
Bill Gates et Warren Buffet ne sont pas les hommes les plus riches au monde. Ces familles ne font pas parler d`elles parce que le secret de leur identité et importance réelles est l`une des clés de leur succès ; ils l`ont interdit aux medias qu`ils contrôlent pour la plupart.
Par des manigances politico financières, les banquiers internationaux ont pu prendre contrôle du système financier de la plupart des grands pays du monde. Les gouvernements des pays tels que la France, l`Angleterre, l`Allemagne, l`Italie, la Belgique entre autres ont perdu bien avant le vingtième siècle le contrôle des finances de leurs pays au profit de banques centrales qui sont pour la plupart des consortiums prives aux mains de ces banquiers internationaux. Alors qu`en Afrique le pouvoir appartient virtuellement a ceux qui détiennent les armes, en occident il appartient a ceux qui possèdent et contrôlent l`argent. L`Afrique n`est, vous le savez d`ailleurs pas épargnée. Les pays d`Afrique notamment francophones sont d`abord opprimes par la banque centrale de France qui les contrôlent a travers la BEAC et la BCEAO qui imprime leur monnaie http://www.dailymotion.com/swf/x2vc93_la-souverainete-monetaire-en-afriqu_news). Ensuite les pays du tiers-monde en général sont pris en captivité par la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International qui sous prétexte d`aider au développement contribuent a leur asservissement http://www.dailymotion.com/swf/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news. Ce sont ces institutions qui ont impose aux pays du tiers-monde dans le cadre de la globalisation, de privatiser leur patrimoine national, transférant ainsi les richesses de ces nations aux compagnies privées occidentales. La privatisation forcée de l`électricité, de l`eau, des télécommunications, des espaces portuaires et le bradage des ressources naturelles de ces pays a entraine une augmentation de la pauvreté qui a atteint les 50% a un moment dans des pays tels que le Guatemala. Ils sont internationaux parce qu`ils sont présents dans plusieurs pays occidentaux et dans le monde entier de façon indirecte.
LES GOUVERNEMENTS N`ONT PAS DE CONTROLE SUR L`EMISSION DE LA MONNAIE
Normalement, lorsqu`un gouvernement veut de l`argent, il fait voter une loi au parlement qui autorise l`émission d`une certaine somme pour être utilise par le peuple pour le développement du commerce de la nation. Le Gouvernement prête cet argent aux banques de commerce et en retour est finance par le revenu de cet argent à travers les impôts comme spécifié dans la Constitution. L`émission de la monnaie va du gouvernement au peuple, l`argent émis est sans intérêt et revient financer les activités du gouvernement par des “impôts indirects”.
Apres que le contrôle de l`émission d`argent soit passe aux banques centrales, lorsque le gouvernement a besoin d`argent, il en fait la demande a la banque centrale contrôlée par les banquiers internationaux qui autorise le trésor à imprimer cet argent comme prêt au gouvernement qui devra repayer des intérêts de cet argent à la banque centrale. Il faut noter que cet argent n`est plus émis sur la parité avec l`or mais dans le vide, ce qui rend sa manipulation plus facile.La banque privée émet l`argent à partir de rien. Je vais répéter cela (il est extrêmement important): la banque privée (usurpant la fonction constitutionnelle du gouvernement) CREE DE L`ARGENT A PARTIR DE RIEN PUIS LE PRETE AU GOUVERNEMENT AVEC INTERET
Exemple des Etats-Unis - Pour plus de simplicité nous allons ici supposer que la nation est à ses débuts et qu`il n`y a pas d`argent en existence. On va donc procéder comme suit:
Le gouvernement veut mettre 1 milliard de dollars en circulation pour aider le commerce dans la nation. Le gouvernement va à la banque privée et demande 1 milliard de dollars.
La banque privée, usurpant l`autorité du gouvernement, crée 1 milliard de dollars à partir de rien. La banque privée prête de l`argent qu`elle a crée au gouvernement AVEC INTÉRÊT Le gouvernement émet 1 milliard de dollars en circulation. Le gouvernement doit maintenant 1 milliard de dollars PLUS LES INETRETS à la banque privée. La banque privée demande une “garantie” pour le “prêt”.”La garantie” du “prêt” vient des coffres du peuple. Un impôt sur le revenu est imposé au peuple pour payer LES INTERETS ET PAS LE PRINCIPAL DU PRET Ce processus doit être répété à l`infini tant que l`intérêt à payer un prêt n`est jamais crée lorsque le prêt est consenti et doit être obtenu pour le paiement du prêt précédent par un nouveau prêt pour son propre intérêt.
En conséquence ce de principe, la nation est TOUJOURS endettée envers la banque privée. La dette et les intérêts accumulés sur les prêts auprès de la banque privée grandissent continuellement. Ils ne deviendront jamais plus petits. De plus en plus du labeur des citoyens de la nation doit être dépensé pour payer les intérêts à la banque privée pour ses “prêts” à la nation. Les impôts sur le revenu sont inconstitutionnellement imposés par le gouvernement pris en otage et sous le contrôle de la banque privée et ils sont sans cesse élevés pour payer les intérêts à la banque privée pour le “privilège” de son “prêt” à la nation. La dette à la banque privée, QUE VOUS CONNAISSEZ SOUS LE NOM DE “DETTE NATIONALE” ne pourra JAMAIS diminuer ou être payée
Les politiques financières et monétaires de la nation sont dédiés non pas a servir les intérêts des citoyens de la nation, mais à servir les intérêts des contrôleurs réels de la nation et de son futur- le secteur privé, et sans responsabilité vis-à-vis de qui que ce soit, La banque qui asservit les citoyens draine les ressources de la nation a son bénéfice en forçant celle-ci a utiliser un substitut a l`argent créé à partir de rien. Fin de citation pris de www.thetruthusa.org
Il ya une variante africaine a ce système d`exploitation qui est applique a travers le FMI, la banque mondiale et le centrale européenne pour les pays de la zone CFA.
On estime que les Etats-Unis s`endettent en ce moment au rythme de 1 milliard et 6 millions de dollars par jour et que l9e gouvernement doit à ces banquiers internationaux près de 3 fois le produit intérieur brut de toute la nation. Chaque américain à une dette de 300.000 dollars (150 millions de FCFA environ) a sa naissance faisant des américains les personnes les plus endettées du monde. Comme vous le constatez, les plus grands créanciers du pays occidentaux ne sont pas la Chine et le Japon. Ce sont les banquiers internationaux.
Aucun leader ne peut changer ce système Les présidents Lincoln et Kennedy ont été assassines pour le premier, s`être oppose à la mise en place de ce système et le deuxième, pour avoir essaye de le contourner. Vous comprenez maintenant pourquoi le président Obama semble avoir change. Apres avoir pris ses fonctions, il a simplement réalisé qu`il avait très peu de pouvoir et qu`il pourrait se faire mal s`il essayait de trop en faire.Ces banquiers internationaux à travers la banque centrale contrôlent les taux d`intérêt de la plupart des transactions financières des pays. A travers cette bourse ce sont eux qui contrôlent réellement l`économie et déterminent combien coutent votre loyer ou l`achat de votre maison, le prix du carburant, de l`électricité ou de l`eau. Le président lui-même a une faible influence sur l`état économique du pays.
Ce sont eux qui déterminent le cout des matières premières et des produits alimentaires à travers le monde. Le prix des produits alimentaires n`est plus déterminé par la loi de l`offre et de la demande mais par des manipulations financières de la bourse de Wall Street. C`est parce qu`un certain nombre de personnes comprennent ces réalités qu`elles ont organise les protestations de ces derniers a Wall Street, protestations qui sont en train de s`étendre sur tout l`étendue du pays et en dehors.
Les banquiers internationaux, a cause du pouvoir de créer l`argent ont des agents et associes dans toutes les sphères de l`administration, la police fédérale, l`armée, les services de renseignements (utilises pour de basses besognes et assassinats physiques), les medias (pour le contrôle de la pensée et l`assassinat médiatique), l`industrie, les universités (ou on enseigne et produit beaucoup des livres comportant des faits historiques falsifies). Ils utilisent la corruption ou l`intimidation pour garder tout ce monde sous contrôle. Leurs agents se retrouvent dans des organisations secrètes telles que le Bilderberg Group ou la commission trilatérale américaine.
Le pouvoir quasi-divin de créer l`argent leur permet de décider a travers des contributions politiques quel président ou membre du Congres sera élu. Peu importe pour eux qui est élu. Ils ont la même influence sur les gouvernements qu`ils soient de la gauche ou de la droite.
Certaines de ces banques telles que Citibank et Wells Fargo ont été trouvées coupables d`activités aussi sinistres que le blanchissement de l`argent de la drogue.
Ce sont ces banquiers internationaux qui créent des cycles successifs de croissance économique et de dépression faisant croire que ces cycles suivent une évolution naturelle. Ils le font par le contrôle de la quantité d`argent en circulation. En ce moment il n`y en a pas beaucoup en circulation et c`est ce qui diminue l`activité économique globale.
DEFINIR LA CRISE ACTUELLE
La crise actuelle est une crise de la spéculation. Cela veut simplement dire c`est que rien n`a disparu dans le monde réel. Il n y a pas de manque dans le monde réel. L`eau, la nourriture, les médicaments, les hôpitaux, les écoles, la lumière, les routes, les biens de consommation que l`argent représente et tout ce dont nous avons besoin pour fonctionner, continuent d`exister. Les choses n`ont change que dans le monde artificiel.
Un monde artificiel a été crée et superpose au monde réel. Par un jeu de mots savants on a amène les gens à convertir leurs biens matériels en valeurs artificielles et a en donner l`autorité aux investisseurs et experts financiers. Ces experts utilisent cette autorité pour jouer avec des chiffres dans le monde artificiel avec la promesse de leur faire gagner de l`argent. Et lorsque les choses se passent mal comme c`est le cas en ce moment, ceux qui ont joue à ce jeu perdent la possession des biens matériels auxquels ces chiffres sont attaches. C`est ce système artificiel qui leur permet de contrôler les gens et de les enrichir ou de les ruiner à volonté. Ce qui nous amène a ce constat: si on perd ces biens il doit bien avoir des gens qui les gagnent. Ils ne s`évaporent pas, ne disparaissent pas du système; ils doivent bien se trouver quelque part mais nous y reviendrons plus tard.Pourquoi ces pratiques malhonnêtes nous paraissent-elles normales ? Pourquoi ne sommes -nous pas révoltes par cet ordre de choses ? Pourquoi certaines personnes auront-elles du mal à croire à la version des choses que cet article présente? C`est parce que depuis la naissance nous avons été pris captifs par un système préétabli et très sophistique qui nous a impose sa version des faits, sa logique et ses valeurs. Il contrôle notre façon de penser et nous a même conduits à y calquer nos réflexions.
C`est ce système qui nous a vendus la globalisation comme la panacée des problèmes des pays sous-développés alors qu`elle est un outil d`esclavagisation. ; c`est cet ordre des choses qui nous a impose le principe injuste de l`offre et de la demande qui nous fait croire qu`il est logique de vendre plus cher un bien parce qu`il est plus demande, c`est a dire au moment même ou les gens en ont le plus besoin ? Ne serait-il pas plus juste que ces services coûtent moins cher lorsque beaucoup de gens en ont le plus besoin, faisant ainsi gagner les investisseurs dans le nombre ? C`est, vous le voyez bien une logique qui s`oppose aux principes d`honnêteté, de justice et de miséricorde qui devraient guider toutes les sociétés.
Et nous continuons à y croire parce que nous continuons à regarder la télévision, à lire les journaux qu`ils contrôlent, ces medias qui ont pour but réel d`entretenir l`ignorance en créant l`illusion.
LA FRAUDE A ETE PREMEDITEE
La crise financière actuelle comme celle de 1929 n`est pas ordinaire; elle a été consciemment orchestrée et fait partie d`un plan global mis en place par les banquiers internationaux pour avancer leur agenda. Examinons deux faits pour soutenir cette thèse.
Les attitudes coupables: des individus ont critique cette façon de faire les affaires et cela leur a coûte leur carrière. L`ancien gouverneur de New York Eliot Spitzer, celui qui a démissionne a cause d`un scandale sexuel, a écrit le 14 février 2008 un article dans le Washington Post dans lequel il accusait le gouvernement fédéral d`être très laxiste avec les banques qui faisaient violaient la loi et de connivence avec les banques d`investissements de la bourse de New York ; Le gouvernement a répondu qu`il évitait d`interférer dans la finance et qu`il laisserait le marche s`auto ajuster. Mais ce n`est pas tout ce qu`il a fait. Un bref documentaire The assassination of Eliot Spitzer affirmait que c`est l`accusation qu`il a portée contre le gouvernement fédéral américain qui a provoque une investigation sur lui. Son accusation sur le scandale sexuel n`était qu`un prétexte pour le faire tomber et taire. En passant, le procureur a décide de ne pas poursuivre Eliot Spitzer après sa démission et les accusations contre lui ont été abandonnées.
Un contrôle intelligent de la bourse: Contrairement à ce qu`on pourrait croire les mécanismes de la bourse ne sont pas automatiques ou innocents. Ils ne s`autorégulent pas. Il y a des individus qui les contrôlent et qui décident de ce qui s`y passe. Henry Pasquet raconte dans le documentaire intitule The Money Masters- How international Bankers have gained control of America une histoire que lui a racontée Ed Carrigan avec lequel il travaillait. Carrigan raconte que quelques semaines
avant le crash de 1929, Joe Kennedy, père de l`ancien président américain John F Kennedy est venu voir son grand-père et lui a dit ceci en substance: Ne me demandes pas comment je le sais, mais va retirer tes avoirs de la bourse. Les avoirs de la famille Kennedy sont passe de 4 millions de dollars avant la crise à 100 millions après celle-ci. C`est parce qu`ils sont informes d`avance que les personnalités influentes telles que les sénateurs, les gouverneurs, les membres du gouvernement ne se font pas prendre par surprise. Elles sont toujours prévenues avant que la bourse ne crashe.Wall Street fonctionne comme un gigantesque casino dont les règles du jeu sont entre les mains de quelques privilégies qui coopèrent avec le gouvernement. Selon Ellen Brown dans son livre The Web of debt le gouvernement contrôle et manipule le marche boursier en complicité avec la banque centrale et les acteurs de la bourse a travers des organismes tels que le Plunge Protection Fund qu`on appelle encore le Working Group on Financial Market ( dont les membres sont le président des Etats-Unis, le ministre du trésor, le président de la banque centrale, le président de la Security and Exchange Commission etc..), The Exchange Stabilization Fund ou le Counterparty Risk Management Policy Group . Tous ces organismes ont pour mission officielle de protéger et stabiliser le fonctionnement du marché.
LES MECANISMES DE LA CRISE
Il y a un certain nombre de mécanismes qui ont amène a existence la crise actuelle mais choisissons d`étudier celui de l`immobilier en profondeur, pour raison de clarté et de simplicité.
Commençons par quelques définitions.
Les Dérivatives dont on parle tant qui sont à l` origine de cette crise sont des paris. Les banques et autres institutions pouvaient parier par exemple sur l`augmentation ou la chute du prix de pétrole, la récolte du blé, la faillite d`une compagnie ou simplement des changements climatiques.
Il y avait a Wall Street 5 grandes banques d`investissement (Goldman Sachs, Morgan Stanley, Lehman`s Brother, Merill Lynch et Bear Sterns), 2 conglomérats financiers (Citigroup et JP Morgan), 3 compagnies d`assurance (AIG, MBIA et AMBAC) et des agences d`évaluation de risque (Moody`s, Standard &Poor et Fitch).
Avant la crise financière, l`achat d`une maison impliquait 2 acteurs : L`acheteur et la banque locale prêteuse d`argent qui faisait attention à qui elle faisait le prêt car c`est elle qui perdait si la dette n`était pas payée. La nouvelle chaine mise en place grâce a la dérégulation du gouvernement américain des activités de Wall Street des les années 80 impliquait 4 acteurs : L`acheteur, la banque locale qui prêtait l`argent, la banque d`investissement de Wall Street et les investisseurs. Mais lorsque les choses se gâtaient ce sont les investisseurs qui perdaient
Dans son documentaire intitule Capitalism : A Love Story Michael Moore a cite un rapport du FBI qui estimait que dans 80% des crédits maisons a problèmes, la banque savait que l`emprunteur n`était pas qualifie.
La 1ere entité qui gagnait de l`argent dans le processus c`est la banque locale prêteuse d`argent qui rassemblait des milliers de ces crédits maison en des véhicules financiers complexes appelés Collateral Debt Obligation (CDO) et les vendaient aux banques d`investissement de Wall Street. Ces dernières vendaient ces paquets financiers à des investisseurs a travers le monde (une ville en Islande, une pension de retraite au Mississipi, des banques privées en Grèce, un consortium a Dubaï). Quand l`acheteur de la maison payait sa dette, l`argent allait en fait chez l`investisseur.
Les banques d`investissement payaient les agences d`évaluation de risque pour une évaluation de ces paquets financiers et plusieurs de ces CDO recevaient la marque AAA qui est la marque la plus élevée garantissant que l`investissement était d`excellente qualité et présentait un très faible risque d`échec. Cette marque les rendait facile à vendre.
Les banques prêteuses d`argent ne se souciaient pas si l`emprunteur pouvait payer ou pas et ont commence à faire des prêts risques appelles Subprime Loans. Elles passaient simplement le risque au prochain maillon de la chaine, les banques d`investissement qui ne s`en souciaient pas non plus car elles passaient le risque aux investisseurs. Ces banques d`investissement préféraient faires des prêts risques parce que ces prêts représentaient des taux d`intérêt élevés.
Beaucoup de personnes travaillant a Wall Street ont eu des bonus qui s`évaluaient en millions de dollars pour des cadres moyens et en centaines de millions pour les directeurs généraux de compagnies (485 millions de dollars pour le CEO de Lehman`s Brothers). Alors qu`un neurochirurgien pouvait faire 2 millions de dollars par an, un spéculateur à Wall Street en faisait 56 millions.
Rappelez-vous que pas d`argent ou de richesse était crée dans ce processus. C`était de l`argent issu de la spéculation. La banque centrale américaine a refuse de jouer son rôle suppose de régulation des marches. Le Securities And Exchange Commission (SEC) qui est le gendarme de Wall Street n`a pas voulu faire d`investigation sur ces pratiques. Il y avait des individus qui dénonçaient ces pratiques mais ceux-ci ont été brimes et intimides.
Ce système en soi était une bombe financière en marche.
Pendant ce temps un autre mécanisme se mettait en place. AIG, la plus grande compagnie d`assurance vendait des polices d`assurance sous forme de dérivatives appelles Credit Default Swaps (CDS). Rappelez-vous qu`un dérivative est un pari. Pour les investisseurs qui possédaient des CDO, le CDS était comme une police d`assurance pour les CDO. C`est-à-dire qu`un investisseur qui avait acheté un paquet de crédit maison ou CDO pouvait aller acheter des CDS pour se protéger. Dans le cas les CDO qu`il avait acheté s`avéraient être un mauvais investissement ou investissement toxique, AIG les paierait.
Même les spéculateurs pouvaient acheter des CDS à AIG dans ce cas-ci. Cela veut dire même des gens qui ne possédaient pas de CDO pouvaient acheter des polices d`assurance. Normalement vous ne pouvez assurer que quelque chose (une maison par exemple) que vous possédez. Dans l`univers des dérivatives, vous pouviez assurer une maison qui ne vous appartenait pas. Ainsi 50 personnes pouvaient assurer une maison. Cette pratique arrangeait les compagnies d`assurance qui faisaient plus d`argent (Joseph Cassano, le CEO d`AIG a reçu un bonus de 315 millions de dollars). Mais si la maison brulait par exemple, la perte était proportionnellement grande au nombre de personnes ayant pris un pari sur cette maison.
A cause du manque de contrôle et de régulation AIG ne voyait pas la nécessité d`avoir de l`argent pour couvrir une perte quelconque. Toutes ces polices d`assurance ou CDS étaient vendues par une compagnie qui ne pouvait pas payer en cas de problèmes.
Les banques comme Goldman Sachs sont allées si loin qu`elles ne vendaient pas seulement des CDO aux investisseurs, mais elle prenait aussi des paris contre ces CDO en achetant des CDS. Cela veut dire que pendant qu`elle vendait des CDO aux investisseurs qu`elle affirmait être de bonne qualité, elle pariait auprès d`AIG qu`ils étaient de mauvaise qualité. Selon cette police d`assurance, AIG était suppose payer Goldman Sachs dans le cas probable ou ces investissements (CDO) étaient de mauvaise qualité. Rappelez-vous aussi que ces CDO étaient bases sur des crédits risques c`est-à-dire sur des prêts faits a des gens qui ne pouvaient probablement pas payer et Goldman Sachs le savait. Goldman Sachs gagnait ainsi à 2 niveaux : auprès des investisseurs en leur vendant ces CDO et auprès de AIG lorsque ceux-ci s`avéraient mauvais.Les agences d`évaluation de risque qui avaient participe au jeu de la fraude ont fait des milliards de dollars dans cette affaire. Moody`s par exemple a quadruplé son profit entre l`année 2000 et l`année 2007.
Au moment ou les acheteurs de maisons ont commence a avoir des problèmes a payer, les banques ont prétendu que les usagers les avaient trompe en prenant des dettes qu`ils ne pouvaient payer et ont rendu difficile l`accès a l`emprunt. On demandait aux potentiels acheteurs de mettre sur table 20% de la valeur de la maison qu`ils voulaient acheter, mais combien de gens ont ce genre de montant en liquide? Cette décision prise stratégiquement par les banques a eu pour conséquence de rendre ces maisons invendables puisque les potentiels acheteurs n`arrivaient pas à se qualifier pour les crédits. La seule option pour les propriétaires était de remettre ces maisons à vil prix aux banques qui les avaient financées.
Les banques prêteuses et d`investissement et les investisseurs se sont retrouvées avec des CDO qui non seulement perdaient leur valeurs mais aussi étaient toxiques. En conséquences tous les investisseurs qui a travers le monde qui avaient acheté ces paquets toxiques ont commence à perdre de l`argent. Les compagnies d`assurances comme AIG ont commence à recevoir des réclamations et tous les maillons de la chaine ont commence à manquer d`argent liquide et se sont tournes vers l`Etat.
LES ACTEURS DE LA CRISE
Les banques d`investissements : Ce sont les maîtres du jeu et les grands gagnants de cette crise. Certaines de ces banques dont vous avez entendu parler ont pour noms Lehmann`s Brothers, Goldman Sachs, JP Morgan, Chase Manhattan Bank, Meryll Lynch etc.… Elles sont au-dessus de la loi et plus puissantes que le gouvernement bien qu`en théorie celui-ci détienne le pouvoir exécutif. Selon des experts tels que Max Keiser, c`est Goldman Sachs qui aurait déclenché la crise aux Etats-Unis et mis la Grèce et l`Espagne dans les difficultés dans lesquelles ces 2 pays se trouvent.
Le gouvernement : Il est l`exécutant des décisions de Wall Street. La plupart des ministres du trésor et des personnalités économiques du gouvernement viennent de Wall Street.
Comme nous l`avons souligne plus haut, ces banquiers internationaux à travers leurs agents ministres ont une énorme influence sur l`économie et les finances du pays. Le président Obama n`a pas d`autres choix que de coopérer avec eux jusqu`à une certaine mesure. Dans la réalité que peut-il faire d`autre que de faire semblant de suivre le mouvement ? Pour vraiment changer les choses il faudrait qu`il remplace toute la classe politique (y compris les membres du congres qui est un organe puissant et sans lequel le président ne peut exécuter son programme d`action) et qu`il aille expliquer au peuple ces choses-la a la télévision (faits auxquels beaucoup d`américains ne croiront même pas) ; il s`exposerait alors a un isolement politique par une classe politique qui participe a ce jeu et prendrait un énorme risque personnel. Il a encore 2 jeunes filles en bas âge.
Profitons-en pour dire un mot sur le président Barack Obama. Pour expliquer sa situation permettez-moi d`utiliser une métaphore : Supposons que vous soyez élu président en succession à un dictateur qui aura mis en place un système maffieux au cours de ses longues années de règne. Imaginons qu`après avoir pris vos fonctions vous vous rendiez compte qu`en dehors de 2 ou 3 conseillers vous ne pouvez pas nommer de nouvelles personnes dans l`appareil de l`Etat. Ainsi vous voyiez dans l`obligation de travailler avec les mêmes ministres, les mêmes généraux, même appareil sécuritaire, et même commandants de la garde et sécurité présidentielle. Commenceriez-vous à faire arrêter certains de ces individus pour malversations financières ? Probablement non, car ils se mettraient contre vous et vous feraient tomber. C`est ce qui explique qu`en dehors de quelques cas, la plupart des criminels financiers à l`auteur de cette crise financière soient toujours libres. Le système fonctionne comme une sorte de mafia globale dans laquelle les gens se protègent et sont tenus par un serment du secret. De temps en temps on arrête un individu qu`on veut punir ou qu`on sacrifie pour donner l`impression que le système est équitable et juste. Tous ceux qui essayent de s`écarter de la règle du jeu sont neutralises. C`est un peu ce qui est arrive au président Kennedy (écoutez son discours sur les sociétés secrètes a Youtube).
Je ne suis pas en train de suggérer que j`approuve tous les actes du président Obama. Au contraire, j`ai trouve qu`il a manque de courage dans la gestion des conflits ivoiriens et libyens. Ce que je dis c`est qu`il ne peut rien changer.
Le parlement: Il est l`organe qui vote les lois et a en principe le pouvoir de changer l`ordre des choses en principe seulement, mais qui n’a pas les parlementaires sont tellement redevables aux acteurs financiers que l`organe dans son ensemble a pratiquement perdu son pouvoir d`influencer les évènements. C`est ainsi qu`on a procédé a 2 véritables coups d`Etat en Grèce et en Italie ou les premiers ministres George Papandreou et Silvio Berlusconi, leaders élus ont été renverses et remplaces par Loucas Papademos et Mario Monti qui sont des agents de Goldman Sachs en Europe http://phynances.blogspot.com/2011/11/la-franc-maconnerie-europeenne-de.html
Le peuple : Il est la victime principale, la vache à lait. C`est lui qui en réalité va payer la note de tout ce scandale financier. Le peuple grec est la dernière victime de cette maffia qui consiste à donner les richesses du peuple en garantie du sauvetage par les banquiers internationaux. Le FMI en échange de son aide à la Grèce demande que toutes les richesses du pays soient mises comme garantie. En cas de cessation de payement, il s`arroge le droit de confisquer ces biens. La conséquence de cette crise et de l`emprunt du gouvernement grec est l`augmentation des impôts, la réduction des services sociaux, l`évaporation des fonds de retraite et des épargnes pour les grecs et la mise sous hypothèque de tout le pays. Et c`est pour cela que les grecs protestent.
Pourquoi aucun des medias ne raconte ainsi les choses si elles sont vraies ? Pourquoi pas un seul journaliste ne raconte les choses telles que je les présente ? Les journalistes des medias traditionnels ont peur. Le même raisonnement s`applique aux politiciens. Ce que ces gens font c`est jouer le jeu et prétendre. Il y a cependant des journalistes qui racontent ces choses mais a travers l`internet et les livres.
Les medias sont pour la grande majorité prives, donc appartiennent a des individus et groupes financiers contre les intérêts desquels ils ne peuvent évidemment pas écrire. Beaucoup de ces banques ont des investissements donc un contrôle direct ou indirect sur la plupart des medias.
LA SOLUTION PROPOSEE A LA CRISE : LE SAUVETAGE DES BANQUES
Le gouvernement et les medias ont explique aux gens en substance que les compagnies en difficulté sont tellement importantes pour le système financier des pays qu`on ne peut pas les laisser tomber. Elles étaient trop grandes pour tomber. On doit les sauver en leur prêtant de l`argent ou en les rachetant. Dans des pays comme les Etats-Unis, on va prendre l`argent du contribuable, le donner aux banques qui vont relancer l`économie en faisant des prêts au contribuable qui devra payer sa dette avec intérêt. Dans d`autres pays tels que la Grèce ou l`Espagne tombes victimes des manœuvres de Wall Street, l`Etat va hypothéquer la richesse nationale et emprunter de l`argent auprès du FMI et d`autres pays plus puissants comme l`Allemagne ou la France pour renflouer les banques privées. En un mot la solution proposée consiste à donner l`argent aux personnes qui ont crée ce problème.Il y a cependant un problème à cette solution : Les centaines de milliards qu`on se proposait d`investir dans la crise sont insuffisants car le trou est selon Ellen Brown de plusieurs milliers de milliards de dollars. On avance le trou de 54.000 milliards de dollars c`est à dire plus d`argent que le monde n`en contient. En ce moment même le cout des dérivatives est de 700. 000 milliards de dollars alors que le Produit Intérieur Brut de la terre est de 63.000 milliards de dollars Cet argent va donc être crée dans le vide avec simplement la garantie que le contribuable payera plus tard. La conséquence à imprimer des sommes aussi énormes sans richesse matérielle de soutien sera une inflation et une flambée des prix notamment des produits alimentaires et des autres produits de première nécessite.
Ellen H Brown pense que la solution à la crise est très simple: Annuler la dette que le pays doit aux banquiers internationaux et remettre au gouvernement le droit de créer l`argent. Elle explique que cette dette aura de toutes façons être prise sur des donnes fausses et malhonnêtes. Ou a défaut remettre au gouvernement le pouvoir de créer de l`argent ce qui lui donnera les moyens de payer sa dette.
Quels sont les objectifs de cette crise ? Pourquoi des gens de bon sens créeraient-ils une crise comme celle-ci et menaceraient-ils de détruire un système financier dont ils semblent profiter ? Pour quelle raison des individus de bonne foi voudraient-ils faire tomber l`économie de leur pays et celles du monde? Et surtout comment se tirer d`affaire ? C`est ce que nous verrons la prochaine fois.
Atangana Mebah Dorien
L’économiste Eugene Nyambal fait un tour d’horizon de la crise financière mondiale qui sévit actuellement principalement dans la zone Euro. Il profite pour jeter un regard sur la rumeur de la dévaluation du FCFA. Selon ce dernier, parce que la zone franc et la CEMAC en particulier ont le niveau d’accès au financement le plus faible du monde, il pense qu’il est venu le moment de réformer profondément le secteur financier pour mieux financer nos économies et assurer le développement. Quelle est l’origine de la crise actuelle ? Je souhaite distinguer la crise américaine de celle de l’Europe. Les pays avancés vivaient au dessus de leurs moyens en attirant l’épargne du reste du monde. La principale différence est que la crise américaine est liée aux mauvais crédits immobiliers «subprime loans» et la crise européenne provient de prêts aux Etats incapables de rembourser leur dette (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) en raison du laxisme budgétaire. Aux Etats Unis et en Europe, la crise financière internationale a abouti à une crise de la dette publique en raison de la décision des gouvernements de sauver le système financier et stimuler la croissance. Les pays les plus vulnérables sont ceux dont l’économie reposait sur des financements extérieurs pour financer les besoins domestiques. En raison de l’interdépendance des marchés, lorsque les pays prêteurs sont entrés en crise, les sources de financement se sont taries. Aux Etats Unis, les autorités ont pris le taureau par les cornes tandis qu’en Europe, personne ne veut «mutualiser les pertes» en payant pour les autres. Aux Etats Unis, la crise trouve ses origines dans la politique de taux d’intérêts faibles mise en œuvre pour relancer l’économie à partir de 2001. Elle a alimenté la spéculation boursière et immobilière pendant près de 7 ans. Profitant d’une politique monétaire laxiste, les ménages américains, -y compris ceux n’ayant pas les ressources nécessaires- se sont endettés à tour de bras pour réaliser le «rêve américain», celui d’accéder à la propriété immobilière. Les Banques ont également financé de manière frénétique des rachats d’entreprises (OPA) sans tenir compte de la situation réelle des entreprises. Les banques ont fait preuve de légèreté parce qu’elles n’avaient pas l’obligation de garder les crédits immobiliers dans leurs bilans. Elles structuraient ces crédits immobiliers-quelle que soit la qualité des emprunteurs- pour émettre des titres qu’elles revendaient aux investisseurs du monde entier (fonds de pension, compagnies d’assurance, gestionnaires de portefeuilles, etc) souhaitant faire fructifier leur épargne. Les banques enregistraient une grande partie de ces risques en engagements hors bilan pour convaincre les organes de supervision que les risques qu’elles prenaient étaient en adéquation avec les fonds propres. De leur côté, les compagnies d’assurance comme AIG garantissaient les investisseurs contre le risque de non-paiement de la part des entreprises émettant des emprunts sur les marchés financiers. Les agences de notation financière (Standard and Poor’s, Moody’s, Fitch) en charge d’aider les investisseurs à apprécier les risques renforçaient la confiance dans le système en attribuant d’excellentes notations aux titres émis, en contrepartie de commissions juteuses. C’est par ces mécanismes que le virus a été injecté dans le système. Lorsque la banque centrale américaine (FED) a commencé à relever progressivement les taux d’intérêt, la crise immobilière a commencé à se faire sentir dès 2006, suivie de la crise financière déclenchée en 2008 par la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers. On s’est rendu compte que le système reposait sur un château de cartes. Les banques avaient vendu au monde entier des produits toxiques c’est-à dire des créances immobilières dont les chances de remboursement étaient faibles. Car les banques accordaient des crédits à taux variables à des ménages démunis en demandant le paiement des intérêts pendant les deux ou trois premières années. Lorsque les taux d’intérêt ont augmenté et que les banques ont ajouté le paiement du principal à celui des intérêts, ces ménages se sont retrouvés dans l’incapacité de faire face à leurs obligations. Les banques et les compagnies d’assurance avaient pris des risques démesurés par rapport à leurs fonds propres. En effet, le système financier était devenu un casino à grande échelle. La bulle devait éclater tôt ou tard. Juste quelques exemples pour illustrer mon propos. Entre 1928 et 1982, l’indice de la bourse américaine (Dow Jones) a enregistré une croissance de 300%. Entre 1982 et 2005, le Dow Jones a connu une croissance de 1600% alors que les bénéfices des entreprises qui sous-tendent les valeurs boursières n’augmentaient que de 300% sur cette période. Le même phénomène s’est produit dans le secteur immobilier. Entre 1980 et 2001, l’immobilier a augmenté au même rythme que l’inflation. De 2001 à 2005, l’immobilier augmentait de 20 à 50% par an dans certaines régions alors que le revenu des ménages n’augmentait que de 10% sur la période et que de nombreux ménages avaient contracté des emprunts à taux variables. L’Amérique a ainsi créé en l’espace de quelques années une richesse artificielle de près de 2.400 milliards de dollars à travers le crédit et le refinancement immobilier, ainsi qu’un système de prêt à la consommation qui permettait aux ménages d’emprunter de l’argent pour les vacances ou l’achat d’une voiture sur la base d’un crédit représentant une ponction sur la valeur de la plus value de leur maison «equity loan». En raison de la faiblesse des taux d’intérêt, les ménages américains se sont surendettés. Le ratio de la dette par rapport aux revenus est passé de 75% à 125% entre 1990 et 2010. Le cycle de l’argent facile a pris fin avec la crise financière de 2008 liée à la correction de la bulle boursière et immobilière. Plus de 16.400 milliards de dollars de richesses des ménages se sont envolés en éclats à travers la chute des placements boursiers, la perte des fonds de retraite, la baisse des prix de l’immobilier et des salaires. Il convient de souligner que la croissance américaine repose à 70% sur la consommation des ménages. La crise financière s’est transformée ainsi en crise économique avec la chute de la consommation et de l’investissement. Elle a également aggravé la crise de la dette publique à travers les plans de stimulation de l’économie et du sauvetage des banques. Sous l’Administration Obama, la dette publique américaine a augmenté de 3.700 milliards de dollars. Elle dépasse dorénavant plus 15.000 milliards de dollars soit plus de 100% du PIB. Quelles sont les perspectives aux Etats Unis ? Les Etats Unis s’en sortent mieux que l’Europe parce qu’ils ont deux atouts majeurs. Ils ont la monnaie internationale de réserve et contrairement à l’Europe ou à la zone franc, ils peuvent utiliser tous les instruments de la politique économique pour juguler la crise. La politique monétaire et budgétaire est orientée vers le soutien de l’activité et de l’emploi à travers des programmes de relance, la baisse des taux d’intérêt, l’injection de liquidités dans l’économie et le rachat des titres toxiques des banques pour éviter l’effondrement du secteur financier. En outre, l’Amérique peut compter sur la libre circulation des facteurs de production (capital et travail) et l’action du gouvernement fédéral pour corriger les déséquilibres entre les Etats en période de crise tandis que dans la zone euro, les Espagnols et les Portugais ne peuvent, ni aller chercher massivement du travail en Allemagne, ni encore moins bénéficier d’un soutien inconditionnel de l’Union Européenne. Néanmoins, les Etats Unis risquent d’entrer en récession compte tenu des contraintes internes et externes. Sur le plan interne, étant donné que 70% de la croissance repose sur la consommation des ménages, aucune relance n’est possible sans un coup d’arrêt à la crise immobilière. Dans le plan d’aide de 800 milliards de dollars au secteur financier, l’Administration américaine aurait dû imposer des conditionnalités aux banques pour restructurer les crédits immobiliers et modifier le système d’incitations qui leur permet de gagner plus d’argent par des saisies-immobilières. En ce qui concerne le plan emploi, outre les blocages au Congrès, le lancement d’un programme de modernisation des infrastructures aura du mal à générer à temps des emplois et des revenus pour juguler la crise en raison du décalage entre l’adoption des mesures et leur mise en œuvre. Sur le plan extérieur, l’Amérique ne saurait compter sur une Europe qui entre en crise. A court terme, l’Asie ne saurait servir de locomotive à la reprise mondiale, en raison d’un modèle de développement orienté vers les exportations. Qu’en est-il de la crise en Europe ? La crise de l’Euro constitue un accident qui attendait le moment opportun pour se produire car la construction de l’Euro est aussi aberrante que celle du franc CFA. Elle rappelle le parcours d’un homme qui décide de marcher sur la tête et qui ne peut être sauvé de ses propres turpitudes. L’Euro était mal conçu dès le départ La monnaie unique était condamnée dès le départ car le projet a été mal conçu pour les raisons suivantes: (i) la création de la monnaie unique avec une banque centrale commune et des politiques budgétaires divergentes, en l’absence de prêteur en dernier ressort comme dans un système fédéral; (ii) un Pacte de Stabilité malléable en fonction des intérêts des grands pays de l’Union et (iii) l’absence de politique commune d’endettement auprès des marchés financiers pour mutualiser les risques. Dans ces conditions, lorsque les pays rencontrent des difficultés financières et que les marchés ne veulent plus leur prêter de l’argent, ils doivent avoir recours au FMI au même titre que les pays de la zone franc. En raison de la monnaie commune, les pays perdent l’autonomie de la politique monétaire lorsqu’il faut soutenir leurs économies. La Banque centrale fixe la politique monétaire par rapport aux contraintes des pays leaders comme l’Allemagne dont le principal objectif est de juguler l’inflation. Dans ce système, les pays faibles bénéficient de taux d’intérêt bas et d’un accès facile aux marchés des capitaux. En contrepartie, en cas de crise, ces pays sont exposés aux risques de fuites de capitaux vers les pays les plus vertueux. Les pays les plus performants comme l’Allemagne bénéficient d’un vaste marché et d’un stimulus à l’exportation en raison de la sous-évaluation de leur monnaie car celle-ci ne reflète pas les surplus qu’ils ont accumulés dans le commerce mondial. Contrairement aux Etats Unis, les pays membres ne peuvent ni émettre de la monnaie, ni faire unilatéralement racheter leur dette par la Banque centrale pour lutter contre la crise. Etant donné qu’il n’ya pas d’Etat fédéral, les pays les plus puissants comme l’Allemagne et la France refusent de servir de payeur en dernier ressort comme le fait le gouvernement américain par rapport aux 50 Etats membres. Par conséquent, les pays en crise doivent s’adresser au FMI. Par ailleurs, le Pacte de Stabilité et de Croissance qui aurait pu servir de soupape de sécurité a volé en éclat lorsque les pays les plus puissants l’ont violé pour soutenir leurs économies pendant la crise financière. Ce pacte imposait un plafond de 3% du PIB pour le déficit budgétaire et 60% du PIB pour la dette publique. La zone euro porte également des germes d’éclatement car la monnaie commune avec des risques-pays individualisés pour l’accès aux marchés financiers est insoutenable à long terme. En effet, un pays disposant de sa propre monnaie (Etats Unis, Royaume Uni, Japon, etc), peut demander à la Banque centrale d’émettre de la monnaie pour payer la dette. Prenons l’exemple du Japon. Lorsque les investisseurs ont des doutes sur la capacité de remboursement du gouvernement Japonais, ils revendent les titres des emprunts émis par ce pays (obligations du Trésor Japonais). Ce qui augmente le taux de refinancement du gouvernement Japonais. En outre, les investisseurs vendent également la monnaie Japonaise (le Yen) pour avoir des dollars qu’ils vont réinvestir ailleurs. Cette vente de Yen provoque une baisse de la valeur de la monnaie Japonaise et cette dépréciation du Yen stimule les exportations car les produits Japonais deviennent moins chers à l’étranger. En raison de la hausse des exportations, le Japon augmente la croissance économique ainsi que les recettes fiscales et la capacité à rembourser la dette. Ce mécanisme ne joue pas pour les pays de la zone euro. En effet, lorsque les investisseurs ont des doutes sur la capacité de remboursement du gouvernement Grec, ils vendent la dette émise par l’Etat Grec (emprunts obligataires). Ce qui fait baisser la valeur de ces titres et augmenter les taux d’intérêt auxquels la Grèce doit se refinancer car les investisseurs demandent une prime de risque plus élevée pour prêter de l’argent à la Grèce. Après avoir vendu les titres Grecs, les investisseurs ont la possibilité de placer leur argent dans les pays les plus vertueux comme l’Allemagne et la Hollande. Donc la Grèce est pénalisée à plusieurs égards car elle emprunte à 6,7% contre 1,8% pour l’Allemagne, elle ne peut pas dévaluer sa monnaie pour relancer l’économie et enregistre en plus une fuite de capitaux. Si la Grèce n’arrive plus à se refinancer aux taux imposés par les marchés financiers, le FMI et la BCE doivent lui fournir des liquidités en contrepartie de Programmes d’Ajustement pour éviter l’aggravation de la crise par des mécanismes de contagion. Si plusieurs pays membres de l’euro se retrouvent dans la même situation que la Grèce, il y a un risque d’implosion de la zone. La crise actuelle des PIIGE (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne) Les pays du Sud de l’Europe frappés par la crise partagent des caractéristiques communes : un niveau d’endettement élevé du gouvernement ou des crédits immobiliers insoutenables accordés par les banques, une absence de compétitivité par rapport à l’Europe du Nord, notamment du fait de coûts salariaux élevés et des besoins de financement élevés auprès des marchés financiers pour faire face au service de la dette. Face à la crise, ils ne peuvent ni avoir un soutien illimité de la BCE, ni dévaluer leur monnaie. Ils doivent par conséquent appliquer des politiques d’austérité (Ajustement Structurel) à travers la hausse des impôts, la réduction du train de vie de l’Etat et les privatisations pour rembourser la dette. Cette politique réduit la croissance et transforme la crise de la dette en crise économique à travers la baisse du niveau d’activité, la hausse du chômage ainsi que la baisse des recettes fiscales qui par ricochet réduit davantage la capacité de l’Etat à faire face au service de la dette. Cette dynamique crée un cercle vicieux de surendettement, de rééchelonnement et d’allègement de la dette similaire aux mécanismes du Club de Paris et de l’Initiative PPTE. Les situations nationales sont cependant différentes. En 2011, la dette du Portugal représente 93% du PIB c’est-à-dire de la valeur totale de la richesse produite par le pays au cours d’une année. Le Portugal est plus proche de l’Italie que de l’Irlande avec une croissance endémique de l’ordre de 0,7% sur la décennie écoulée, une économie peu compétitive reposant sur la dette extérieure pour soutenir artificiellement un mode de vie comparable aux voisins européens. Pour maintenir leur train de vie, les Portugais devaient en permanence mettre en œuvre des programmes d’austérité pour rassurer les marchés financiers sur leur capacité de remboursement. Après le rejet du plan d’austérité et la démission du gouvernement en 2011, les agences de notation ont dégradé la note du Portugal, les investisseurs ont perdu confiance et les taux de refinancement de la dette Portugaise sont passés de 5.8% à 8%. Ce qui rend impossible tout refinancement pour un pays dont la croissance est de 0,7%. Le Portugal a donc été obligé de signer un programme avec le FMI et l’Union Européenne qui sera difficile à mettre en œuvre, compte tenu des difficultés à réduire le déficit budgétaire de 9,1% du PIB à 3% en 2013 en période de crise. En Italie, la crise provient de l’endettement insoutenable de l’Etat (118% du PIB) depuis les années 1990. L’Italie souffre d’un vieillissement de la population, d’une croissance atone de 0.75% en moyenne au cours des 15 dernières années, de coûts salariaux élevés et d’un niveau d’inflation supérieurs au Nord de l’Europe. Elle doit emprunter en permanence sur les marchés financiers pour faire face au service de la dette. Avec un écart de taux d’intérêt de 6,7% contre 1,8% en Allemagne, les marchés financiers doutent de la capacité de l’Italie à continuer à lever des fonds pour rembourser sa dette en raison d’une croissance économique inférieure aux taux de refinancement sur les marchés et des politiques d’austérité qui vont davantage réduire la croissance économique. L’année 2012 est capitale car l’Italie doit rembourser 150 milliards d’euros en février et avril et trouver des ressources pour refinancer sa dette colossale de 1.843 milliards d’euros. Les craintes ont d’autant plus fortes que le Fonds de Stabilisation Financière Européen ne dispose que de 1.000 milliards d’euros pour aider les pays en crise. En Grèce, la dette est de 357 milliards de dollars soit 158% du PIB en 2011. Depuis son entrée dans l’euro, la Grèce a emprunté massivement pour financer le déficit budgétaire et celui de la balance des paiements. La crise provient de l’endettement insoutenable de l’Etat alimenté par la crise de confiance sur les comptes publics, une forte évasion fiscale, une économie peu compétitive en raison du poids de la fonction publique, des prestations sociales et de coûts salariaux supérieurs à l’Europe du Nord. Les investisseurs ont perdu confiance dans la sincérité des comptes publics lorsqu’ils ont découvert en 2009 que le déficit budgétaire estimé par les autorités à 13,6% du PIB était en réalité de 15.4%. Les taux d’intérêt sur la dette Grecque se sont envolés. Après avoir essayé de mettre en œuvre son propre programme d’austérité, la Grèce a été obligée d’accepter l’assistance du FMI et de l’Union Européenne de 155 milliards de dollars en 2010. En Espagne, la crise n’est pas liée au surendettement du gouvernement. Le niveau de la dette publique (65,2% du PIB) est inférieur à celui de l’Allemagne (83,2%) ou de la France (84,5%) en 2011. Comme en Irlande, la crise espagnole provient de l’éclatement de la bulle immobilière. Entre 2004 et 2008, les prix de l’immobilier ont augmenté de 44%. Les salaires ont augmenté de 36% entre 1999 et 2008 contre 3% en Allemagne. Comme en Irlande, les banques ont pris des risques considérables pour soutenir la flambée de l’immobilier. Lorsque la bulle a éclaté, la croissance s’est ralentie et le chômage a atteint un niveau record de 21,5% en 2011. Le pays est aujourd’hui affecté par l’effet de ciseaux avec d’une part des recettes fiscales en baisse en raison de la crise et d’autre part la hausse des dépenses publiques liée au sauvetage des banques, aux déficits colossaux des régions et aux dépenses sociales dans un contexte de rigidité monétaire et salariale. Par conséquent, les besoins de financement sont énormes. Les finances publiques sont passées d’un surplus de 2% du PIB en 2007 à un déficit de 9,3% en 2010. Les dettes des banques et du Trésor arrivant à échéance en 2012 représentent 335 milliards d’euros, et pour cela l’Espagne pourrait avoir besoin d’une aide de 100 milliards. Compte tenu de la crise de confiance sur la capacité de l’Espagne à faire face à ses engagements, les taux d’intérêt sur la dette espagnole sur 10 ans sont passés à 6,3% contre 1,8% pour l’Allemagne. Quelles sont les options de sortie de crise dans la zone euro? Les options existent au niveau de la zone euro et des pays en crise. Au niveau de la zone, les pays membres pourraient évoluer vers un système fédéral à l’américaine avec un payeur en dernier ressort accompagné de la mise en place d’un Fonds Monétaire Européen reposant sur un système de vote à la majorité qualifiée comme au FMI (un dollar, une voix) et lancer des emprunts communautaires (Euro bonds) pour éliminer le risque-pays. Cette mutualisation des risques requiert au préalable une plus grande convergence des politiques budgétaires. A court terme, il faut une politique économique combinant un plan d’austérité crédible pour réduire les déficits budgétaires et stabiliser la dette publique en complémentarité avec une politique monétaire souple pour soutenir l’activité comme le fait la Banque Centrale américaine à travers la baisse des taux d’intérêt, l’injection de liquidités et le rachat de la dette toxique. La BCE a racheté timidement les titres de la dette Grecque, Espagnole et Italienne pour soutenir ces pays. Mais les pays Germaniques estiment que la BCE n’a aucun mandat pour agir en tant que prêteur en dernier ressort. Sur le plan budgétaire, seule l’Allemagne dispose de marges de manœuvres pour emprunter et dépenser en vue de relancer la machine économique. Au niveau des pays en crise, plusieurs options sont disponibles. En premier lieu, ils peuvent mettre en œuvre des politiques d’austérité pour rassurer les marchés financiers sur leur capacité de remboursement. Ce choix comporte des risques de troubles sociaux en raison de la chute de la croissance et de la montée du chômage. En second lieu, ils peuvent faire défaut sur le remboursement de la dette. Ce choix pourrait entraîner une panique généralisée sur les marchés ainsi qu’un phénomène de contagion vers les pays dont les banques sont exposées à la dette des pays en crise. Un défaut de la part de pays comme l’Italie et l’Espagne aurait un effet dévastateur sur le système financier international. En dernier lieu, les pays en crise pourraient décider de quitter la zone euro pour reprendre leur autonomie monétaire et financière. Ce serait le pire des choix pour la zone euro d’autant plus qu’aucun mécanisme n’a été prévu pour les pays souhaitant quitter l’union monétaire. Seul l’Article 50 du Traité de Lisbonne prévoit la sortie de l’Union Européenne qui entraîne de facto une sortie de l’euro. Les pays sortis de l’Union Européenne pourraient avoir le statut de la Norvège ou de la Suisse. La sortie de l’Euro pourrait entraîner à court terme une hausse de l’inflation, une baisse du niveau de vie ainsi qu’une pression sur le système financier avec la réévaluation des actifs et des contrats de crédit. En contrepartie, elle pourrait leur donner une plus grande autonomie au niveau de la politique monétaire et budgétaire et relancer la croissance. En ce qui concerne la zone franc, un euro fort par rapport au dollar sur les marchés des changes en présence de faibles économies des pays de la zone franc (faible croissance économique, déficits budgétaires et de la balance des paiements avec endettement insoutenable) représente un risque pour la dévaluation comme en 1994. A contrario, un fort euro par rapport au dollar en présence d’économies fortes au sein de la zone franc (forte croissance, amélioration des finances publiques et de la balance des paiements, faible niveau d’endettement) devrait en principe entraîner une réévaluation. Faut-il dévaluer le franc CFA ? Pourquoi dévalue-t-on une monnaie ? La monnaie est un attribut de souveraineté au même titre que les autres fonctions régaliennes de l’Etat. Les pays peuvent librement choisir leur régime de change en optant soit pour un taux de change flexible fluctuant quotidiennement en fonction du marché ou pour un taux de change fixe par rapport à une monnaie de référence ou un panier de monnaies. Lorsqu’on est dans un régime de changes flexibles comme c’est le cas du dollar, on parle d’appréciation lorsque la valeur de la monnaie augmente par rapport aux autres et de dépréciation lorsque la valeur baisse. Dans un système de changes fixes, comme le Franc CFA, les Etats choisissent une valeur fixe (655 FCFA pour un euro) qui ne peut être changée que par décision des Etats de baisser la valeur de leur monnaie par exemple de 655 à 1000 FCFA pour un euro (dévaluation) ou d’augmenter sa valeur par exemple de 655 à 500 FCFA pour un euro (réévaluation). Lorsqu’un pays choisit le régime de changes fixes comme dans la relation franc CFA-Euro, il n’a plus de politique monétaire autonome. Il perd ainsi un puissant levier pour corriger les déséquilibres commerciaux avec l’étranger ou stimuler l’activité économique. Il perd également le contrôle de la politique des taux d’intérêt pour orienter l’activité économique. Son seul objectif est de défendre la parité CFA/euro en alignant sa politique monétaire et ses taux d’intérêt ainsi que son niveau d’inflation sur ceux de la monnaie de référence (l’euro). La politique budgétaire devient son seul levier de commande qui doit être géré avec beaucoup de discipline car les pays ayant choisi le régime de changes fixes ne peuvent pas financer leurs déficits budgétaires par la création monétaire. Le régime de changes fixes est approprié pour les pays peu impliqués dans les marchés financiers internationaux, ayant expérimenté un niveau d’inflation déstabilisateur, effectuant l’essentiel de leurs échanges économiques avec la zone de la monnaie de référence (Union Européenne pour le franc), soumis aux mêmes chocs et contraintes économiques que les pays de la zone monétaire de référence (Euro), souhaitant abandonner leur souveraineté monétaire, pratiquant des politiques budgétaires soutenables et ayant un marché du travail flexible ainsi qu’un niveau de réserves en devises élevé pour défendre la parité de leur monnaie. Dans un système de changes fixes, on dit qu’une monnaie (franc CFA) est surévaluée par rapport à l’euro lorsque son niveau d’inflation (hausse des prix) devient supérieur à celui de la monnaie de référence (zone euro). Un pays dévalue lorsque le niveau de réserves à la Banque Centrale ne permet plus de défendre le niveau de parité choisi (655 francs CFA contre un euro). C’est le cas lorsque la baisse des prix des matières premières diminue les réserves en devises de la Banque Centrale. Il peut dévaluer pour relancer la croissance et lutter contre le chômage par exemple en décidant que dorénavant, un euro vaut 1000 francs CFA au lieu de 655 francs CFA parce que c’est à ce niveau qu’il peut défendre la parité. La dévaluation permet de baisser la valeur de la monnaie nationale. Cette baisse du franc CFA permet d’exporter plus, car les biens des pays de la zone franc valent dorénavant moins cher en euros. Elle permet également de réduire les importations, car les biens étrangers coûtent plus cher en francs CFA. Lorsqu’un pays vend plus à l’étranger qu’il n’importe de produits, cela améliore sa balance des paiements. Au niveau des finances publiques, la dévaluation permet de relancer l’activité, l’emploi ainsi que les recettes fiscales. Cependant, les effets positifs ne se font sentir que lorsque le pays dispose de capacités à l’exportation et que la hausse des prix domestiques n’annule pas les bénéfices de la dévaluation. En ce qui concerne l’aide extérieure, les pays de la zone franc auront l’illusion monétaire de recevoir plus d’aide car avec une dévaluation de 655 à 1000 francs CFA pour un euro, un don de 100.000 euros passera de 655.000 francs CFA à 1.000.000 de francs CFA. Faut-il réévaluer ou dévaluer le franc CFA ? En janvier 1994, le franc CFA a été dévalué en raison des déséquilibres des pays de la zone franc et de la politique du franc fort ayant contribué à l’appréciation du franc CFA et par ricochet une perte de compétitivité au niveau du commerce international. Lors de l’introduction de l’Euro en 1999, la valeur du franc CFA a été fixée à 655 pour un euro et un euro valait 1,17 dollars. La situation est différente aujourd’hui. Il n’ya aucune urgence à dévaluer le franc CFA pour deux raisons. En premier lieu, les pays de l’euro traversent une période difficile tandis que les pays de la zone franc connaissent une croissance remarquable depuis plusieurs années. Selon le FMI, la croissance du PIB de la zone CEMAC serait de l’ordre de 5,3% en 2012, l’inflation serait autour de 2% et la capacité de paiements extérieurs serait de 7 mois, soit deux fois le niveau minimum requis de 3 mois. En clair, les performances économiques sont bonnes et le niveau d’inflation par rapport à la zone euro ne permet pas de conclure que le franc CFA est surévalué. En second lieu, la valeur de l’Euro s’inscrit dans une tendance à la baisse par rapport au dollar. Il est passé de 1,45 en d’Août 2011 à 1,35 en Novembre 2011. Cette dépréciation de l’euro par rapport au dollar implique indirectement une baisse du franc CFA par rapport à la monnaie américaine. Ceci est à l’avantage des pays de la zone franc qui peuvent exporter plus de produits dans la zone dollars sans changer de parité. Dans ces conditions, une dévaluation du franc CFA ne s’impose pas sur le plan strictement économique. Il convient néanmoins de prendre également en compte l’évolution de la monnaie de nos principaux partenaires commerciaux, y compris le Nigeria. Le danger de la dévaluation du franc CFA viendrait plutôt de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar et non l’inverse. A supposer que nonobstant la réalité économique, on décide de dévaluer le franc CFA, quel en serait l’objectif ? Serait-ce parce que les pays de la zone franc ont finalement décidé de mettre en place des stratégies d’import-substitution pour relancer la base agricole et industrielle? Si c’était le cas, ont-ils réglé le problème du compte d’opérations pour disposer plus librement de leurs réserves et mettre en place un système de gouvernance plus rigoureux pour ne pas dilapider ces fonds? Comment vont-ils gérer la période de transition pour mieux tirer profit de la dévaluation ? De même, je ne saurais recommander une réévaluation de la parité du franc CFA par rapport à l’euro dans les conditions actuelles pour ne pas pénaliser l’exportation des produits africains, notamment dans l’espace européen. Une réévaluation aurait l’avantage de faire baisser le prix des importations. Mais elle aurait l’effet d’une drogue car notre défi majeur est de produire davantage et d’exporter plus pour créer des emplois. Au moment où nous avons tout à construire, où la croissance reste faible, où la balance des paiements est structurellement déficitaire, nous donnerions l’impression que nous avons résolu tous nos problèmes si nous décidons de réévaluer notre monnaie. Les priorités sont ailleurs. Compte tenu de la diversification de nos échanges, nous devons fixer la parité du franc CFA par rapport à un panier de monnaies représentatif de notre commerce extérieur et éliminer progressivement le compte d’opérations. En outre, la zone franc et la CEMAC en particulier ont le niveau d’accès au financement le plus faible du monde. Nous devons réformer profondément le secteur financier pour mieux financer nos économies et assurer le développement. *Economiste, Auteur de : «Afrique : Les Voies de la Prospérité», L’Harmattan. Managing Partner GPMG, ancien Conseiller Principal au FMI et Chef de Mission à la Banque mondiale Source : Le Jour
Maîtriser la création de la monnaie et sa circulation donne à un Etat un pouvoir considérable dans la création de la richesse.
Ce n’est pas le cas pour l’Etat Cameroun qui ne possède pas sa monnaie et maîtrise très peu la circulation de celle-ci. Les marges de manœuvre de notre pays sont donc limitées non seulement par le volume des fonds qu’il peut lever auprès de la banque centrale (Pas plus de 20% des recettes budgétaires de l’Etat) mais aussi par son incapacité à contrôler les leviers qui déterminent l’irrigation du crédit. Un aperçu de notre politique monétaire actuelle Le Cameroun est membre de la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et de l’union monétaire d’Afrique centrale(UMAC).La banque des Etats de l’Afrique centrale est chargée de la mise en œuvre de la politique monétaire des 6 Etats membres de la CEMAC. Ses principaux critères de convergences portent sur la stabilité du taux d’inflation, un solde budgétaire rapporté au PIB nominal positif ou nul, un encours de la dette intérieur et extérieur inférieur à 70% du PIB, la non accumulation des arriérés de paiement. Or le franc CFA est arrimé à l’euro. Par conséquent les politiques de la BEAC sont fortement influencées par celles de la banque centrale européenne. Le taux directeur de la première varie globalement en fonction du taux directeur de la seconde.
L’Etat est incapable d’agir sur le développement à partir d’une régulation du volume des crédits en circulation. C’est la BEAC une institution supranationale qui détermine l’essentiel par une manipulation des taux d’intérêt créditeurs. Quand la BEAC augmente ses taux débiteurs, elle alourdit le coup de l’argent et diminue la demande de crédit. A l’inverse toute réduction de ses taux tendra à susciter une augmentation du volume des prêts des banques commerciales.
Nous sommes là devant un problème qui constitue une entorse majeure à l’idée qu’on se fait de l’autodétermination. Comment agir sur le développement de manière décisive lorsqu’on ne maîtrise pas la circulation de la monnaie.
Que faire ?
La sortie du système est solution envisageable et souhaitable .C’est-à-dire la sortie de la zone CFA. Sortir du système en créant notre propre monnaie ainsi que notre banque centrale. le problème que posera la sortie du système CFA, c’est qu’elle ne sera pas une petite réforme aux conséquences limitées. Elle est difficile, longue dans sa mise en application coûteuse financièrement et risquée. Dans les pays faiblement structurés où l’évaluation de l’action publique est quasi inexistante, le risque est réel de déboucher sur une gestion abusive de la planche à billet générant de l’inflation galopante.
Malgré les problèmes évoqués ci-dessus nous estimons qu’on ne peut pas se contenter du statut quo par peur du risque. Le goût du risque n’est-il pas le principal moteur du progrès? La sortie du système serait une décision certes délicate mais souhaitable. Nous pensons que la problématique a sa place dans un débat contradictoire.
- Reformer notre système bancaire
Tout comme la création de la monnaie, sa distribution par le secteur bancaire nous préoccupe. Le secteur financier d’un pays est l’épine dorsale de son développement. Une économie aurait de la peine à prospérer si la banque ne participe pas à la création de la richesse. Or c’est le cas dans un nombre considérable de pays africains parmi lesquels se trouve le Cameroun. Le secteur bancaire souffre d’un certain nombre de maux longuement décriés par les analystes, mais jamais formulés dans le cadre d’une réforme publique.
On arrive ainsi à une situation où les sujets problématisés dans les milieux scientifiques ne sont jamais récupérés par la classe politique en vue de nourrir l’action politique. Au nombre des maux évoqués on entend régulièrement: le faible financement de l’économie(8%), l’accès trop difficile à la profession de banquier, le nombre trop limité de banques nationales (une situation qui entraîne des conséquences en termes de mainmise étrangère sur l’économie) ,l’absence des banques d’affaires et des banques nationales d’investissement…Réponses - Assouplir l’accès à la profession de banquier
- Favoriser la création des banques nationales - Mettre sur pied en partenariat avec le privé un processus d’apparition des banques d’affaires et des banques d’investissement
- Sortir des A.P.E Les accords de partenariat économique ou APE sont des accords commerciaux visant à développer le libre échange entre l’union européenne et les pays dits ACP. Si certains pays comme le Sénégal, s’opposent à ces accords d’autres comme le Cameroun se sont précipités pour les signer. En vérité le président Biya était lui aussi sceptique. Il a cédé au chantage de Barroso.
Ces accords dans leur état actuel prévoit la suppression des droits de douanes sur les produits des pays signataires à leur entrée dans le marché européen et la suppression des droits de douanes sur les produits originaires de l’union européenne à leur entrée dans les marchés des pays de l’ACP. Ces accords prévoient aussi: - la suppression des quotas d’exportation
- l’interdiction des pratiques commerciales déloyale
- l’interdiction de l’augmentation des droits de douane à l’importation Ces accords peuvent paraître sympathiques à un lecteur sous-informé. Or avec une culture économique minimale, leur pertinence s’effondre.
Ces accords n’apporteront rien au Cameroun. Tout au contraire, le pays sera très largement perdant. Ils n’apporteront rien car ce qu’ils proposent au Cameroun se trouvait déjà dans les accords de Cotonou qui prévoyaient la levée des barrières commerciales tarifaires (droits de douane) à l’entrée du marché européen pour les pays de l’ACP. Et à l’inverse maintenaient les droits de douane pour les produits européens à leur entrée dans les marchés des pays de l’ACP. Il y avait dans les accords de Cotonou une dissymétrie qui prenait en compte l’inégalité des partenaires. Il y avait dans l’esprit de cette dissymétrie un souci d’équité. Or c’est celle-ci (la dissymétrie) qui disparaît avec les APE.Il est intéressant de savoir combien le Cameroun perdra en termes de recettes douanières. Ces recettes varient beaucoup d’une année à une autre entre 400 et 440 milliards de francs CFA. Prenons le chiffre médian de 420 milliards. Les APE vont couvrir 80% des recettes douanières. Ce qui donne une perte de 336 milliards de recettes budgétaires. Ce sont quand même des sommes considérables qui vont disparaître. Personne ne nous explique comment cet argent sera remplacé. On peut parier que le régime sera obligé d’alourdir la fiscalité sur les entreprises. Ce qui viendra une fois de plus fragiliser leur compétitivité. Nous allons tout droit vers des situations très difficile à gérer. Les APE vont saccager l’économie Camerounaise. Il est urgent de prendre toute la dimension de ce scandale. On ne peut pas priver le peuple camerounais de ce débat. - Améliorer le climat des affaires Attirer vers l’économie formelle les acteurs clandestins Le secteur informel représente par son étendue un aspect considérable de notre économie. Certains économistes estiment qu’il constitue 50% des activités marchandes; ce qui se traduit par un manque à gagner immense pour l’appareil de l’Etat. Elargir l’assiette fiscale devient dans ce contexte une préoccupation constante de l’économie Camerounaise. Malheureusement celle-ci a souvent été limitée dans sa version policière: traquer les frondeurs et les punir. Nous estimons qu’il est possible de développer une approche plus positive orientée non plus vers la répression, mais sur la mise sur pied des incitations capables d’attirer vers l’économie formelle, les acteurs clandestins. Les acteurs confinés dans l’informel vont intégrer l’économie formelle parce qu’ils y trouvent un intérêt. Celui-ci peut se situer à plusieurs niveaux:
- Dans la facilité à accepter le jeu ouvert de l’économie formelle à moindre coût du moins provisoirement .ça signifie concrètement qu’on peut proposer aux acteurs désireux d’intégrer l’économie formelle des facilités inspirées des privilèges que la zone franche concède à l’investisseur étranger. On pourrait par exemple proposer à tout acteur économique clandestin qui souhaite intégrer le secteur formel la possibilité de s’installer de manière formelle pendant un an sans payer les impôts.
- On pourrait aussi proposer aux acteurs clandestins qui souhaitent intégrer le jeu ouvert de l’économie un accompagnement en termes de soutiens financiers destinés à développer leurs activités. Créer des incitations fiscales à l’entreprenariat
Pour les PME
Le code des investissements prévoit des dispositions particulières destinées à favoriser la croissance des PME; Il existe ainsi un régime privilégié qui permet aux entreprises dont le niveau d’activité se situe au dessous d’un certain seuil de bénéficier d’avantages fiscaux. Mais la multiplicité des définitions officielles des PME entraine une mauvaise application de ces dispositions. Il est judicieux de fixer dans le cadre d’une loi l’unique définition officielle des PME et de préciser de quels avantages fiscaux ces entreprises pourront bénéficier. L’on pourrait prévoir également des subventions à l’emploi au profit des petites entreprises, subventions limitées dans le temps financées par une fraction du budget ou par les bénéfices réalisés par les grandes entreprises.
Alléger les coûts des charges des PME
Une des contraintes les plus lourdes entravant le développement des PME est le coût de certains services nécessaires à la production, et notamment le coût de l’énergie (l’électricité, eau, télécommunication). Paradoxalement l’Etat accorde dans ce domaine des avantages fiscaux aux grandes entreprises industrielles dominées par des capitaux étrangers et n’accorde rien comme avantages aux entreprises privées nationales. Il faut étendre aux PME les avantages qu’on octroie aux grosses firmes industrielles. La place des PME dans les marchés publics Chaque année l’essentiel du budget de l’Etat est consacré à l’investissement public et au fonctionnement des différents services de l’Etat. Ceci implique un volume des marchés publics de plusieurs centaines de milliards. Un moyen d’accorder une place proportionnelle aux PME serait d’adopter une disposition de la loi des finances leur affectant d’office une proportion des marchés publics.
Afin d’éviter qu’une telle disposition ne favorise le clientélisme et les distorsions auxquelles conduisent généralement les politiques des quotas, l’on pourrait organiser la plus grande transparence dans la procédure d’adjudication des marchés et les soumettre au contrôle d’une commission indépendante dont les membres seraient conjointement désignés par la commission des finances de l’assemblée nationale et la chambre de commerce, des mines et de l’industrie. - Hisser le taux d’investissement à 30% du PIB
Un pays peut multiplier au fil des ans des taux de croissance impressionnants, l’épargne née de ceux-ci ne se traduira jamais en développement réel tant qu’elle restera faiblement et médiocrement réinvestie dans l’économie. Or c’est souvent le cas dans un nombre considérables de pays africains qui faute d’imagination préfèrent des placements à l’étranger, des placements dans des comptes hors budget au détriment de leur population qui croupit toujours dans la misère. Le Cameroun a souvent alimenté l’actualité de ces pays.
Le renouveau est constamment interpelé sur son faible taux d’investissement par rapport à son PIB. Celui-ci oscille depuis des années entre 15 et 18% du PIB. Les économistes estiment qu’il faudrait le hisser au moins à 25% du PIB. Ce taux reste néanmoins modeste s’il faut le comparer à celui d’autres pays africains aux performances économiques enviables et aux politiques macroéconomiques unanimement saluées. L’un de ces pays est le Ghana. Le taux d’investissement de ce pays n’est jamais allé en dessous de 30% depuis 3 ans.
Objectifs Nous attendons du prochain gouvernement qu’il prenne des engagements clairs pour rehausser ce taux d’investissement.
- Nous trouvons réaliste et raisonnable qu’il soit situé à 30% du PIB. - Nous attendons en outre du prochain gouvernement qu’il définisse les secteurs où l’investissement sera prioritaire.
Il ne suffit pas de réinvestir pour satisfaire une demande populaire. Nous attendons d’une politique d’investissement qu’elle se traduise en termes d’accroissement de la richesse, de réduction de la pauvreté, d’amélioration du bien-être global “Il existe des investissements politiquement justifiés dont l’impact sur le développement est nul » Georges Ngango in Les Investissements d’origine extérieure en Afrique noire francophone. Capter les investissements directs étrangers Les investissements directs étrangers (I.D.E) sont stratégiques pour le développement d’un pays, non seulement parce qu’ils augmentent les capitaux disponibles, mais surtout parce qu’ils permettent de créer des emplois, d’améliorer la productivité, d’opérer des transferts de compétence et de technologie, d’accroître les exportations tout en renforçant les capacités d’innovation des pays hôtes.
Or le Cameroun n’attire aujourd’hui que 1% des investissements directs étrangers en direction de l’Afrique et principalement dans les secteurs miniers, pétroliers ou dans les télécoms.
Certes le Cameroun dispose d’un excellent code des investissements mais on attribue cette faible performance à un certain nombre de déficiences liées au fonctionnement de l’Etat telles:
- La corruption généralisée
- La mauvaise gouvernance
- Une justice instrumentalisée - Absence du financement des banques
- Les lourdeurs administratives.
- L’inflation de la paperasse…
A ces carences liées au fonctionnement de l’Etat, s’ajoutent des interrogations qui touchent les problématiques liées au lobbying. Avons- nous une politique d’évaluation de nos divers intermédiaires ?
Par ailleurs il faut noter que la structure même de nos rapports au monde extérieure a sa part de responsabilité dans la faiblesse de ces IDE. Nous sommes là devant un problème historique. Le Cameroun est resté trop dépendant dans son commerce extérieur aux vieilles puissances occidentales qui ont gardé sur l’Afrique, un logiciel colonial. Nous n’avons pas pris toute la mesure de l’émergence du nouveau monde (chine, inde, brésil…) qui a sur le continent noir un regard neuf.
Nous attendons du prochain gouvernement qu’il situe les investissements productifs c’est-à-dire ceux qui participent directement à la création de la richesse future à 50% des investissements globaux. Ce fut le cas le cas dans la deuxième moitié des années 70. Jean Marie Moukam
YAOUNDE — Le gouvernement camerounais a prévu de se doter pour 2012 un budget de 2.800 milliards de francs CFA (5,6 milliards USD), en hausse de 8,9% par rapport à celui de 2011, pour un objectif de croissance de 5,5%, soit en filigrane un programme économique très ambitieux qui ne se réalisera pas sans contraintes structurelles, à en croire des analyses.
“Les contraintes structurelles existent toujours dans nos pays, parce que l’Afrique travaille dans un marché mondial, avec la compétition des pays émergents, le Brésil et la Chine, et nous fournissons des biens et services sur un marché qui est global. Donc, il faut être compétitif sur ce marché pour vendre”, a souligné à Xinhua Ekué G. Kpodar, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) au Cameroun.
“Et pour gagner cette compétition, a-t-il ajouté, il faut avoir la productivité, il faut investir dans le capital humain. Il faut promouvoir la recherche scientifique et technique. C’est ce qui permettra de mettre sur le marché des biens qui sont compétitifs. Je crois que nous avons encore des actions qui sont concrètes et solides à faire au niveau de l’ajustement structurel pour rendre plus compétitives et plus productives nos économies africaines”.
D’après cet économiste, cette remarque s’applique au Cameroun, un pays pourvu d’immenses potentialités, mais mal exploitées. C’ est un constat confirmé par un taux de pauvreté monétaire estimé par les autorités camerounaises elles-mêmes à près de 40% sur une population de quelque 20 millions d’habitants et un taux de chômage élargi de 13% du marché de l’emploi, auquel s’ajoute aussi un taux de sous-emploi de 75,8%.
“Il faut avoir le courage de le reconnaître, les conditions de vie d’une partie de notre population sont très difficiles, particulièrement dans les zones rurales et à la périphérie des centres urbains. Ce sont pour la plupart des petits paysans, des chômeurs, des jeunes qui n’ont ou trouver d’emploi, des retraités ou des personnes âgées sans ressources”, a reconnu le président Paul Biya lors de sa prestation de serment le 3 novembre après sa réélection le 9 octobre.
Le projet de budget défendu depuis le week-end devant les députés de l’Assemblée nationale se répartit entre 2.301 milliards de francs CFA (4,602 milliards USD) de recettes propres et 499 milliards (998 millions USD) d’emprunts et dons.
Pour les recettes propres, 1.626,03 milliards (plus de 3,252 milliards USD) sont attendus du recouvrement fiscal, 567 milliards (1,134 milliard USD) des exportations pétrolières, 86,97 milliards (173,94 millions USD) du commerce des services et 21 milliards (42 millions USD) des tirages sur dépôts.
Par grande masse, 1.720,2 milliards de francs (3,44 milliards USD) sont prévus pour les dépenses courantes, 792,2 milliards (1, 584 milliard USD) pour les dépenses en capital et 287,6 milliards (575,2 millions USD) pour le règlement de la dette.
Le Premier ministre, Philémon Yang, a annoncé lors de la présentation du nouveau programme économique, financier, social et culturel vendredi face aux parlementaires que la ventilation de ces dépenses par chapitre budgétaire accorde la priorité aux secteurs des infrastructures et de la production.
Selon lui, “en dépit du ralentissement attendu de la croissance économique chez nos principaux partenaires commerciaux, l’économie camerounaise devrait se maintenir sur le sentier de la croissance, grâce notamment à la dynamique de la demande intérieure et à l’accroissement du volume des investissements publics à réaliser dans le cadre de la concrétisation du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi”.
Ce cadre de l’action gouvernementale adopté en 2009 a prévu pour la décennie 2010-2020, une croissance moyenne annuelle de 5,5% comme premiers jalons d’une politique visant à transformer le Cameroun en une économie émergente à l’horizon 2035. Pour la première année de ce vaste chantier, affecté par la récente crise économique mondiale suite à laquelle il avait plongé à 2% en 2009, le pays a plutôt enregistré une croissance de 3,2% en 2010.
Les estimations de 4% en 2011 annoncées par le chef du gouvernement sont également loin de faire le compte. Et, à contrario des projections de 5,3% de la Banque africaine de développement (BAD) pour 2012, d’autres analyses comme celles du FMI manifestent une prudence qui se limite aux performances jusqu’ ici réalisées, soit encore entre 3 et 4%.
Pour le FMI, bien que le pays résiste de fort belle manière à la récession mondiale actuelle, des pesanteurs persistantes freinent les efforts de consolidation macroéconomique de ce pays d’Afrique centrale. Parmi elles, la faiblesse des marges de manœuvre en termes de compétitivité du secteur privé et des structures bancaires, et le manque d’accroissement du pouvoir d’achat.
L’institution juge par conséquent nécessaire de mettre en place les conditions permettant au secteur privé de créer des richesses et des emplois, et souligne par ailleurs l’urgence d’aménager des routes de desserte pour permettre l’écoulement des productions agricoles vers les marchés, où il est constaté un taux de perdition de 40%.
Ekué G. Kpodar insiste sur le rôle central de l’Etat dans le développement économique, “un rôle de régulation, de facilitateur, de mise en place des institutions qui vont permettre au marché de fonctionner”.
“Si au niveau des institutions de Brettons Wood on pense que l’Etat doit être la locomotive du développement, nous sommes aussi conscients que le marché ne peut pas fonctionner et ne peut mieux fonctionner qu’avec un Etat qui régule les acteurs économiques et l’environnement économique”, explique-t-il.
Par Raphaël MVOGO
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C’est une information exclusive. Les pays membres de la zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans 40 jours, le FCFA sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 FCFA, passera à 1 euro=1000FCFA. Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramne Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy.
«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.
Comme on peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone.
Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même. Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.
Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à rembourser des dettes.
Depuis que Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens verticale. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines !
Abdoulaye Villard Sanogo
(Syfia Cameroun) Retour au soutien de l’Etat à l’économie : telle est, d’après Babissakana, expert financier camerounais, directeur du cabinet d’études Prescriptor, à Yaoundé, la principale opportunité qu’offre la crise financière internationale, malgré ses effets négatifs sur la croissance.
Syfia International : La crise financière internationale se ressent-elle aussi en Afrique?
Babissakana : La crise se ressent forcément en Afrique et de manière indirecte et induite. Non pas parce que les systèmes financiers des pays africains sont directement imbriqués dans les marchés sophistiqués des crédits immobiliers et de leurs dérivés aux États-Unis et en Europe, mais parce que le continent est connecté au reste du monde, notamment occidental, à travers les échanges commerciaux et de services ainsi que les flux de capitaux. La crise financière américaine, qui s’est propagée rapidement en Europe, est un choc économique très néfaste et déstabilisant qui entraîne le ralentissement des activités économiques en Occident et affecte négativement les échanges avec l’Afrique et son propre niveau d’activité.
S.I. : Quel est l’impact prévisible de cette crise sur l’Afrique?
B : De manière globale, l’impact de la crise financière sur l’Afrique peut s’apprécier à plusieurs niveaux. Au niveau de la croissance économique, l’impact de la crise est actuellement estimé en termes de perte de croissance entre 0,5 et 1 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2008 ainsi qu’en 2009. Mais la croissance moyenne devrait rester supérieure à 5 % du PIB. Au niveau des systèmes bancaires, l’impact ne peut provenir que des banques qui ont des avoirs dans certaines banques américaines et européennes touchées par la crise.
L’impact sera très négatif sur les exportations africaines notamment des pays pétroliers avec la chute des prix et des volumes se traduisant par des pertes importantes de recettes. Par ailleurs, les flux d’aide risquent d’être affectés négativement du fait des nouvelles contraintes budgétaires des pays donateurs. Enfin, les flux de capitaux (investissements directs étrangers, crédits bancaires et envois des fonds des travailleurs africains) peuvent également connaître un ralentissement.
S.I. : L’Afrique n’étant pas homogène, y a-t-il des pays plus exposés que d’autres ?
B : Les pays producteurs de pétrole vont être sensiblement affectés par la baisse des prix et de la demande. Mais les pays africains non producteurs de pétrole vont connaître un allègement de leur facture énergétique. Les pays sous pression de la crise alimentaire peuvent encore être affaiblis si leurs exportations ralentissent.
S.I. : Quelles opportunités la situation peut-elle présenter pour l’Afrique ?
B : La crise financière, qui prend sa source au cœur du système capitaliste c’est-à-dire le système bancaire et financier des États-Unis, est une réelle opportunité pour les pays africains. Un sommet des chefs d’État du G-20 convoqué le 15 novembre à Washington ne compte qu’un pays africain, l’Afrique du Sud. L’hypothèse d’un élargissement du G8 à 6 pays émergents, actuellement envisagé, intègre deux pays africains (Afrique du Sud et Égypte). Faire entendre la voix de l’Afrique est très utile, mais ne me semble pas le facteur essentiel. Le nouvel interventionnisme des États industrialisés (nationalisation, prises de participation, injection de liquidités, etc.) est la piste la plus intéressante.
S.I. : Pourquoi?
B : Par une participation de 200 milliards de dollars, l’État américain a nationalisé en septembre 2008 Fannie Mae et Freddie Mac, deux entreprises financières de refinancement hypothécaire ayant un total de 5 200 milliards de dollars de crédits hypothécaires y compris les garanties. Soit 58 % de la dette publique américaine en 2007 et 38 % du PIB américain. Ensuite, par une avance de 80 milliards de dollars, la Réserve fédérale américaine (la Banque centrale) a pris le contrôle en portage avec option d’achat de 80 % du capital d’American International Group (AIG), l’un des plus gros assureurs mondiaux avec 1 040 milliards de dollars. La Grande-Bretagne a nationalisé plusieurs banques notamment Northern Rock et Bradford & Bingley. Les Etats belge, néerlandais et luxembourgeois ont nationalisé Fortis, les États belge et français Dexia et l’Etat irlandais Landsbanki et Glitnir. Toutes ces actions étatiques robustes montrent et confirment la prééminence constante du rôle de l’État, dans tous les pays, seul acteur capable d’impulser une trajectoire radicale d’accélération et de maîtrise du progrès économique et social.
S.I. : L’Afrique peut-elle s’en inspirer ?
B : Effectivement, cette crise peut aider à réduire l’enclavement mental des dirigeants et hauts fonctionnaires des pays africains qui ploient sous le poids de doctrines inopérantes (désengagement de l’État, laisser-faire, tout marché, etc.) véhiculées en particulier par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Elle peut permettre de renouveler les idées sur l’action des États en matière de développement, car, c’est une constante historique, le progrès économique et social n’est ni héréditaire ni linéaire. Chaque pays doit se frayer son propre sentier de progrès économique, social et culturel.